16.10.2020 à 01:59

BrexitBruxelles attend avec impatience la réponse de Boris Johnson

Les Européens sont agacés par l’attitude du Premier ministre britannique, qui laisse planer la menace de quitter les discussions post-Brexit.

Boris Johnson, le 14 octobre 2020, à Londres.

Boris Johnson, le 14 octobre 2020, à Londres.

KEYSTONE

Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont demandé jeudi au Royaume-Uni de «faire le nécessaire» pour débloquer les négociations commerciales post-Brexit. Cette requête a provoqué l’irritation de Londres. Cette crispation intervient au moment où le Premier ministre britannique Boris Johnson laisse planer la menace de quitter les discussions. Il devait se prononcer vendredi sur le sujet, à la lumière des «résultats» du sommet européen.

Dans des conclusions adoptées jeudi soir, les Vingt-Sept «constatent avec inquiétude que les progrès réalisés sur les questions clés qui intéressent l’Union ne sont toujours pas suffisants pour qu’un accord soit conclu». Et ils réclament que Londres fasse «le nécessaire pour rendre un accord possible».

Angela Merkel a appelé jeudi soir à Bruxelles à des compromis de part et d’autre pour débloquer la situation. Face à la menace d’un «no deal», la chancelière allemande, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE, a déclaré: «Nous avons demandé au Royaume-Uni de rester ouvert aux compromis (…). Bien entendu, cela signifie également que nous devons accepter des compromis», alors même que «chaque camp a ses lignes rouges».

Par la voix de son négociateur, David Frost, le Royaume-Uni s’est dit «déçu» par ces demandes et même «surpris que l’EU ne s’engage plus à travailler de manière intensive», dans les conclusions formelles du sommet. Le négociateur de l’UE, Michel Barnier a ensuite annoncé en conférence de presse qu’il souhaitait continuer à négocier la semaine prochaine à Londres, puis la suivante à Bruxelles, et ce de manière «intensive».

«Effort raisonnable»

Les pourparlers achoppent toujours sur trois sujets: la pêche, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence, malgré de récents progrès, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

La pêche est particulièrement sensible pour une poignée d’États membres (France, Irlande, Danemark, Belgique, Pays-Bas) qui veulent continuer à pouvoir accéder comme aujourd’hui aux eaux britanniques, très poissonneuses. Les pêcheurs «ne sauraient être les sacrifiés du Brexit», a d’ailleurs prévenu le président français Emmanuel Macron, assurant que Paris était «prêt» à une absence d’accord.

Michel Barnier a cependant déclaré, pour la première fois, que l’UE était ouverte à «un effort raisonnable» sur le sujet, à condition qu’il «préserve les activités de pêche de l’UE». «Nous savons bien que nous allons devoir faire un effort», a-t-il concédé.

Spectre d’un «no deal»

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange, qui entrerait en vigueur début 2021 à la fin de la période de transition, patinent. Les deux parties s’accusent mutuellement de laisser planer le risque d’un «no deal» potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

(ATS/NXP)

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