Banque de PSA: Bruxelles autorise l'aide de la France
Actualisé

Banque de PSABruxelles autorise l'aide de la France

La Commission européenne a annoncé lundi avoir approuvé temporairement une aide de la France au sauvetage financier de la banque PSA finance, sous forme d'une garantie de 1,2 milliard d'euros pour une durée de six mois.

L'autorisation de cette aide est subordonnée à la présentation pendant cette période d'un plan de restructuration pour le groupe PSA dans son ensemble, ajoute la Commission.

Elle justifie sa décision par le fait que «l'octroi de cette garantie était nécessaire pour assurer l'accès de la Banque PSA Finance au marché et éviter tout effet de contagion au système bancaire français, qui affecterait le coût de financement des banques».

La Banque PSA Finance (BPF) est chargée de proposer des financements aux acheteurs de véhicules de marques Peugeot et Citroën. Elle n'arrivait plus à se refinancer en raison des difficultés du groupe PSA.

Cependant, ajoute la Commission, «cette aide bénéficiant non seulement à la Banque PSA Finance mais au groupe PSA dans son ensemble, la France devra présenter à la Commission un plan de restructuration pour le groupe PSA. Sur cette base, la Commission pourra prendre une décision finale sur l'aide apportée».

Restructuration déjà entamée

«Cette annonce est conforme au calendrier, on attend une autorisation définitive à l'été», a réagi un porte-parole de PSA. Il a rappelé que «le groupe mène déjà une restructuration en France et qu'il a accepté des contreparties en échange de la garantie de l'Etat».

Il a ajouté que le groupe avait notamment ouvert son conseil de surveillance à un nouvel administrateur, Louis Gallois, formellement indépendant, mais qui fera office de courroie de transmission avec l'Etat, et à un représentant des salariés.

Pendant la période de la garantie de l'Etat, PSA s'est formellement engagé «à ne pas procéder à des distributions de dividendes ou à des rachats d'actions, et à ne pas attribuer aux membres du directoire d'options de souscription ou d'achat d'actions ni d'actions gratuites».

Perte astronomique en vue

PSA, premier constructeur français, a pris les devants en annonçant la semaine dernière avoir passé dans ses comptes 2012 des dépréciations massives d'actifs de sa division automobile. Leur montant total, 4,7 milliards d'euros (5,8 milliards de francs), va grever à même hauteur le résultat net.

Avant même cette opération comptable, les analystes tablaient sur une perte nette, contre un bénéfice de 588 millions en 2011. Au premier semestre 2012, PSA s'affichait déjà dans le rouge à -819 millions d'euros.

Au final, la note d'ensemble de l'exercice pourrait avoisiner les six milliards d'euros, estime Pierre Bergeron, analyste à la Société générale, même si PSA a profité de rentrées d'argent exceptionnelles avec la vente de 75% du groupe de logistique Gefco pour 800 millions d'euros ou encore celle du loueur Citer.

Endettement et spéculations

Plus que le résultat net, les analystes vont scruter de près le niveau d'endettement et la consommation de liquidités de PSA. Le groupe a assuré jeudi dernier que les dépréciations passées n'affectaient «ni sa solvabilité ni sa liquidité». «Ces dépréciations d'actifs sont sans impact sur la trésorerie», a-t-il insisté.

Il a maintenu ses prévisions d'«objectif de dette nette à fin décembre 2012, qui devrait s'élever à environ 3 milliards d'euros», une consommation mensuelle de liquidités divisée par deux en 2013 et un retour de sa trésorerie opérationnelle à l'équilibre fin 2014. L'objectif de consommer 100 millions d'euros de liquidités par mois en 2013 «est un peu optimiste», estime M. Bergeron.

Cette situation a relancé les spéculations sur une éventuelle intervention de l'Etat. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a écarté la semaine dernière l'idée d'une entrée de l'Etat au capital.

Pour les analystes, elle pourrait prendre la forme d'un prêt ou d'une garantie comme celle de 1,2 milliard déjà apportée à la banque de PSA, qui a obtenu lundi l'approbation temporaire de la Commission européenne.

Renault mieux positionné

La situation apparaît meilleure pour Renault, le numéro deux français qui publiera ses propres chiffres jeudi. Ses ventes mondiales ont baissé de 6,3% l'an dernier, contre un recul de 16,5% pour PSA. Mais il devrait maintenir son bénéfice net autour de 2,1 milliards d'euros (2,6 milliards de francs) contre 2,09 milliards en 2011.

La vente du solde de sa participation dans le suédois Volvo AB lui a en effet rapporté 1,5 milliard. Renault est aussi plus orienté vers l'international où il réalise à présent plus de la moitié de ses ventes.

La semaine sera aussi marquée par la publication mardi des résultats de l'équipementier Faurecia et du fabricant de pneumatiques Michelin. Ce dernier devrait voir son chiffre d'affaires progresser de 5% à 21,7 milliards et son bénéfice net de 12% à 1,64 milliard, selon les estimations de la Société générale. (ats/afp)

Ton opinion