Bruxelles plaide pour l'allègement du coût des SMS en itinérance
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Bruxelles plaide pour l'allègement du coût des SMS en itinérance

Bruxelles entend mettre fin aux coûts élevés des textos envoyés ou reçus de l'étranger en itinérance.

«Les citoyens européens devraient pouvoir envoyer des SMS d'un pays à l'autre sans se faire dépouiller», a déclaré mardi Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la société d'information en appelant à une limitation des tarifs.

La Commission européenne a décidé de se pencher sur l'élaboration de mesures destinées à garantir aux consommateurs un véritable marché unique en matière de services de messagerie mobile. Elle a aussi l'intention de mettre un terme aux mauvaises surprises auxquelles doivent parfois faire face les clients utilisant une connexion mobile itinérante pour accéder à l'Internet, quand ils reçoivent leur facture.

Selon un communiqué diffusé par Bruxelles, la Commission pourrait proposer de nouvelles mesures au Parlement européen et au Conseil au début de l'automne.

Au vu de chiffres rendus publics mardi par la Commission européenne, le coût des 2,5 milliards de SMS itinérants envoyés chaque année dans l'Union européenne est plus de 10 fois supérieur à celui des messages texte transmis dans le cadre d'un réseau national.

Selon le Groupe des régulateurs européens (GRE), le coût moyen d'un SMS itinérant au sein de l'UE était de 0,29 euro entre octobre 2007 et mars 2008, mais pouvait atteindre jusqu'à 0,80 euro pour des personnes venues de Belgique.

Un utilisateur français peut payer jusqu'à 0,30 euro pour l'envoi d'un SMS depuis son lieu de vacances en Italie, alors qu'un touriste tchèque en Italie paiera jusqu'à 0,42 euro. En Espagne, un vacancier suédois paie jusqu'à 0,40 euro par message s'il utilise le roaming, un Allemand 0,41 euro, un Polonais 0,45 euro et pour un Britannique, la somme peut même grimper à 0,63 euro.

Le GRE considère qu'un «prix maximal situé entre 0,11 et 0,15 euro par SMS serait convenable», a précisé son président Daniel Pataki.

Des appels ont été lancés en vain en direction des opérateurs pour qu'ils s'autorégulent et allègent volontairement le prix du roaming pour les SMS.

«Les tarifs de l'itinérance n'ont déjà que trop vidé le portefeuille des clients de services mobiles, notamment des 77% de jeunes qui envoient des SMS lorsqu'ils se trouvent à l'étranger», a observé Viviane Reding Viviane Reding, qui souhaiterait une chute des coûts allant jusqu'à 70%. «Le fait que la téléphonie mobile européenne n'ait pas encore compris que des baisses de prix raisonnables sont nécessaires pour éviter une réglementation n'est pas un bon signe en ce qui concerne sa compétitivité».

La commissaire européenne a ainsi souligné qu'elle «recommanderait aux autres commissaires» qu'un règlement sur l'itinérance soit proposé dans le domaine des SMS en octobre. «Nous devrons également discuter de la manière d'aborder la question de l'itinérance des données, qui continue d'être excessivement chère», a-t-elle dit.

«Il faut que le marché unique européen puisse jouer son rôle, et que les frontières ne réapparaissent pas sur les factures de téléphone des citoyens qui se déplacent», a de son côté déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Devant les «évolutions tarifaires récentes dont font état les autorités réglementaires nationales des télécommunications, je suis particulièrement préoccupé par le coût élevé que les consommateurs paient pour les messages texte» quand ils sont à l'étranger.

«Selon notre analyse, le prix moyen des services de SMS en itinérance dans l'UE a baissé de 18%» au cours des 12 mois écoulés, a riposté Tom Phillips, de la GSM Association, qui représente 750 opérateurs de téléphonie mobile dans le monde. Il a jugé que les propositions de Bruxelles menaçaient «d'étouffer la croissance» et la «concurrence».

Luc Chatel, secrétaire d'Etat français chargé de l'Industrie et de la Consommation et Porte-parole du Gouvernement a salué l'initiative de Viviane Reding de présenter au Conseil et au Parlement un règlement pour réguler les tarifs d'envoi de SMS en itinérance. Il a indiqué «que le Conseil ne pourrait toutefois se prononcer qu'après un examen approfondi des propositions précises de la Commission et de leurs conséquences sur les marchés nationaux», selon un communiqué diffusé par ses services. AP

cr/v-com (ap)

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