Europe: Bruxelles s'alarme de l'abus d'antibiotiques
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L'Union européenne a lancé jeudi un plan quinquennal destiné à combattre les «menaces croissantes» liées à la résistance de bactéries aux antibiotiques.

«La résistance aux antimicrobiens est devenue un grand problème de société au niveau européen et mondial», a affirmé le commissaire européen à la Santé, John Dalli, en appelant les 27 Etats de l'UE à «agir avec rapidité et détermination».

Présenté à la veille de la «Journée européenne de sensibilisation à l'usage des antibiotiques» vendredi, le plan de lutte européen propose douze mesures concernant notamment la prévention des infections, notamment en milieu hospitalier, l'utilisation «prudente» des antimicrobiens et les efforts de recherche à entreprendre, ces derniers souffrant actuellement de sous-investissement.

Le plan cible particulièrement l'usage de plus en plus répandu «d'antimicrobiens très importants pour l'homme» pour soigner les animaux d'élevage, un problème qui «fait l'objet de préoccupations croissantes».

M. Dalli a regretté que des «pratiques illicites» se poursuivent en Europe, où des éleveurs donnent des antibiotiques à leurs animaux sans ordonnance et sans présence d'un vétérinaire.

D'autres traitements existent

Leur usage peut être réduit car, pour les animaux, les prescriptions de certains groupes d'antibiotiques, comme les céphalosporines de troisième et quatrième générations, sont remplaçables par d'autres traitements tout aussi efficaces.

Contrairement à la plupart des autres régions du monde, l'UE interdit déjà l'usage d'antibiotiques pour stimuler la croissance des animaux. Mais le Parlement européen souhaite aller plus loin en appelant à son arrêt progressif à des fins prophylactiques.

L'UE appelle parallèlement les autorités nationales à accentuer les efforts entrepris pour réduire l'usage d'antibiotiques par les patients.

«Les pays utilisant le plus d'antibiotiques sont aussi ceux où les infections liées aux résistances sont les plus nombreuses», a souligné le directeur du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies, Marc Sprenger. Ce sont essentiellement des pays du sud de l'Europe, tels que la Grèce, la Bulgarie ou l'Italie.

Réduire les infections pendant les soins

Le plan européen veut également réduire le nombre d'infections contractées dans les centres de soin. «Entre 20 et 30% de l'ensemble de ces infections peuvent être évitées par des programmes de prévention et de lutte intensifs», souligne-t-il.

L'impact de telles mesures est important car le coût de ces infections est estimé à au moins 1,5 milliard d'euros en surcroît de dépenses de santé et en pertes de productivité, selon une étude menée en 2007.

Victimes d'une baisse d'intérêt de la part des grands groupes pharmaceutiques, les investissements en nouveaux antibiotiques ont besoin d'être relancés, selon M. Dalli. «Une action rapide et déterminée est nécessaire si nous ne voulons par perdre la médecine antibiotique comme une source essentielle de traitement contre les infections à la fois humaines et animales», a-t-il déclaré, en prônant des pistes privé-public pour accélérer le développement de nouveaux médicaments dans ce secteur. (afp)

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