Actualisé 29.07.2014 à 19:45

Crise en Ukraine

Bruxelles va frapper Moscou au portefeuille

L'Union européenne a adopté mardi une importante série de sanctions économiques contre la Russie, a annoncé la porte-parole du service diplomatique de l'UE.

Les Européens sont passés mardi à la vitesse supérieure en ciblant pour la première fois plusieurs secteurs de l'économie russe. Ces sanctions sont intervenues alors qu'au moins 22 civils ont été tués dans les affrontements en 24 heures dans l'est de l'Ukraine. «Un accord politique a été trouvé sur le paquet de sanctions économiques» au cours d'une réunion des ambassadeurs des 28 à Bruxelles, a annoncé une porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

L'accord bloque l'accès aux marchés financiers de l'UE, interdit les ventes d'armes, de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et de biens à double usage militaire et civil. Ces sanctions seront réexaminées dans trois mois, a déclaré un diplomate. «Les dirigeants européens sont conscients des risques de représailles de la part du pouvoir en Russie, mais ils ont fait les arbitrages après un acte impardonnable et la manière dont il a été géré» par M. Poutine, a indiqué à l'AFP une source proche des négociations.

Discussion entre Kerry et Klimkin

L'UE a également décidé mardi de bloquer les avoirs de quatre hommes d'affaires russes proche du président Vladimir Poutine. Elle va aussi sanctionner trois sociétés dont une banque. Les tensions intervenues depuis l'accident de l'avion malaisien ont déjà ébranlé les marchés financiers russes. De leur côté, les Etats-Unis préparent aussi un nouveau train de sanctions contre la Russie, a indiqué le secrétaire d'Etat John Kerry, en recevant son homologue ukrainien Pavlo Klimkin. Lundi, ils avaient accusé Moscou d'avoir violé un traité de contrôle des armes datant de 1987 en testant un missile de croisière.

Sur le terrain, l'offensive des troupes loyalistes, qui ont déjà regagné du terrain ces derniers jours, donne lieu à de violents affrontements, notamment à Gorlivka, l'un des fiefs des insurgés à 45 kilomètres de Donetsk. Selon l'administration régionale, des tirs d'artillerie y ont fait 17 tués, tous des civils, en 24 heures, qui s'ajoutent aux 13 tués de dimanche.

Civils tués à Lougansk

Plusieurs maisons dans le centre-ville ont subi des dégâts, touchées par des obus ainsi que des bâtiments administratifs. Plusieurs obus sont tombés sur un hôpital et ont notamment endommagé une maternité.

A Donetsk même, un immeuble d'habitation et un autre de bureaux ont été touchés par des tirs de gros calibre. Et à Lougansk, autre bastion rebelle, les autorités locales ont indiqué que cinq civils avaient été tués et Kiev a évoqué des tirs aux lance-roquettes contre l'aéroport.

Appel lancé par Burkhalter

Les forces ukrainiennes ont intensifié leur offensive ces derniers jours et ont revendiqué mardi de nouvelles prises, notamment le village de Stepanivka, à environ 80 kilomètres à l'est de Donetsk. Cette zone se trouve entre la frontière russe et le site, où le Boeing malaisien s'est écrasé le 17 juillet. Pour le troisième jour consécutif mardi, les experts néerlandais et australiens ont renoncé à se rendre sur les lieux de l'accident où restent débris et dépouilles.

Le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Didier Burkhalter a appelé à un cessez-le-feu immédiat pour leur permettre de rallier ce site. M. Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont demandé une telle mesure lors d'un entretien par téléphone, a souligné le ministère russe des Affaires étrangères.

Militaires ukrainiens tués

Un appel également lancé par le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte au président ukrainien Petro Porochenko. Ces affrontements constituent, selon Moscou, une violation de la résolution votée à l'ONU après le drame qui a fait 298 tués. «Les militaires ukrainiens ne mènent aucun combat sur la zone de la catastrophe. Cette zone est bloquée par les terroristes», a indiqué un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko. Il a indiqué que dix militaires avaient péri au cours des dernières 24 heures. Côté russe, des observateurs de l'OSCE devaient se rendre mardi à deux postes frontière avec l'Ukraine soupçonnés de servir de point de passage pour des armes. (ats)

Les nouvelles sanctions contre la Russie «inévitables», selon Merkel

Les nouvelles sanctions économiques contre Moscou adoptées mardi par les ambassadeurs de l'Union européenne étaient «inévitables», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. «La décision d'aujourd'hui était inévitable», a estimé Mme Merkel dans un bref communiqué publié à Berlin. Elle a appelé le pouvoir russe «à emprunter la voie de la désescalade et de la coopération» dans le conflit en Ukraine, tout en mettant en garde contre d'éventuelles nouvelles mesures dans le cas contraire.

Sanctions américaines contre trois banques russes

Les Etats-Unis ont pris mardi de nouvelles sanctions financières contre la Russie pour son rôle dans la crise en Ukraine, a dit le Trésor américain dans un communiqué. Ils ont placé sur leur liste noire trois banques russes. Les Etats-Unis interdisent désormais aux Américains d'effectuer certaines transactions avec la VTB, deuxième banque de Russie, la Banque de Moscou, une de ses filiales, et la Banque agricole russe, premier prêteur de l'agriculture russe.

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