Genève - Bûche après une opération antipigeons laborieuse
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GenèveBûche après une opération antipigeons laborieuse

Une entreprise mandatée pour évacuer les volatiles d’une cour intérieure n’a pas demandé les autorisations nécessaires. Elle sera amendée.

par
Maria Pineiro
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Lecteur reporter

Se débarrasser des pigeons qui envahissent et détériorent les espaces privés n’est pas de tout repos. C’est l’expérience vécue par une entreprise de la place, pincée pour avoir agi sans avoir demandé ni obtenu les autorisations requises. Il y a près de trois mois, dans le quartier de Plainpalais, le propriétaire d’un immeuble dont la cour est infestée par les oiseaux décide «d’améliorer la qualité de vie pour les riverains en assainissant les aménagements» du patio. «La cour est infecte à cause du guano des pigeons», confirme une locataire.

Pigeons agonisant

Un filet est donc posé au-dessus de l’espace afin de barrer l’accès aux indésirables. Ce faisant, 27 colombidés restent piégés dans la cour, indique la régie à l’origine de l’opération. L’entreprise mandatée pour mener les opérations pose des cages à sens unique sur le sol. Attirés par la nourriture déposée à l’intérieur, les pigeons viennent y manger et ne parviennent plus à en sortir. «Au début, quelqu’un passait déposer de la nourriture et évacuer les pigeons à l’extérieur, puis, plus rien, raconte une voisine. Les oiseaux sont restés plus d’une semaine piégés à agoniser sous la canicule, puis les orages, avant que l’entreprise ne reprenne ses passages.»

Manquements réfutés

Des manquements que réfute catégoriquement le directeur adjoint de la régie: «La société mandatée passe quotidiennement, y compris le week-end, pour relever les pièges afin de récupérer les volatiles qui s’y trouvaient et les libérer à l’extérieur.» Mais certains habitants ne l’entendent pas de cette oreille. «La tâche n’est pas facilitée, car certains résidents, dont l’appartement donne sur cette cour, continuent à nourrir les oiseaux», souligne le responsable.

Pas en ordre

Interpellé sur de potentiels manquements dans la gestion de ce cas, l’inspecteur cantonal de la faune, Gottlieb Dandliker, indique avoir envoyé un garde de l’environnement sur place en début de semaine. «Il n’a pas constaté de maltraitance», assure-t-il. Mais les services compétents se sont aperçus qu’aucune autorisation n’avait été délivrée pour cette intervention. Identifié, le responsable a été «informé de ses torts et sera amendé en conséquence». Pour autant, l’opération va continuer. Il reste en effet encore un volatile réfractaire à évacuer.

Oiseaux protégés

Les pigeons ont beau exaspérer une partie de la population citadine, ils n’en sont pas moins «strictement protégés durant la période de nidification», comme tous les animaux sauvages. Hors de ces périodes et «en dehors d’un cas d’urgence, il est strictement interdit de capturer des oiseaux sauvages sans autorisation, rappelle Gottlieb Dandliker. Même si c’est pour les relâcher ensuite.» Pour ce qui est des colombidés, l’inspecteur cantonal préconise des mesures préventives comme la suppression du nourrissage ou la pose de piques ou de filets. «Dans tous les cas, ce travail est réservé à des professionnels et doit être accompli dans le plus strict respect des dispositions de la loi sur la protection des animaux», souligne Gottlieb Dandliker. Il conclut que toute dénonciation crédible fait l’objet d’une enquête.

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