Actualisé 20.09.2019 à 09:21

Genève

Budget 2020: «Chronique d'un déficit annoncé»

Le projet de budget 2020 du Canton prévoit 590 millions de francs de déficit. Tollé des partis.

de
Maria Pineiro
Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat genevois, et Nathalie Fontanet, ministre chargée des finances.

Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat genevois, et Nathalie Fontanet, ministre chargée des finances.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Les finances cantonales virent au rouge vif. Après des années de comptes bénéficiaires (222 millions de francs en 2018, ndlr), voilà que le Conseil d'Etat prévoit un trou de 590 millions pour l'exercice 2020. «C'est la chronique d'un déficit annoncé», a déclaré hier le président du gouvernement, Antonio Hodgers.

Pour l'Exécutif, il n'y a pas de surprise: ces mauvais chiffres sont la conséquence prévue des votations du 19 mai dernier: les Genevois avaient tout à la fois accepté de revoir la fiscalité des entreprises (- 186 mios de recettes), de verser plus de subsides maladie (+ 176 mios de dépenses) et de recapitaliser la caisse de pension des fonctionnaires (+213 de dépenses).

Cela, le Conseil d'Etat s'est évertué à le marteler: les dépenses sont contenues à 1,9%, ce sont essentiellement les effets des décisions populaires qui font plonger le canton. A cela s'ajoutent les conséquences de deux décisions judiciaires: le Canton doit verser l'annuité 2016 à ses fonctionnaires et subventionner les cliniques privées pour un peu plus de 100 millions.

«Fonctionnaires mis à contribution»

Si le gouvernement a insisté sur le fait de ne pas avoir touché aux prestations à la population, comme il l'avait «promis lors des votations», a souligné Antonio Hodgers, il a affirmé avoir pris des mesures d'économies. Ce sont 127 millions que l'Etat ne dépensera pas. Un effort supporté aux deux-tiers par les fonctionnaires qui se verront amputés de leur annuité 2020, de l'indexation des salaires et de la double paie lors du départ à la retraite: ««En contrepartie des efforts demandés, nous créons 412 postes supplémentaires en 2020. A cela, il faut ajouter la recapitalisation de leur caisse de pension», a déclaré Nathalie Fontanet, ministre chargée des Finances. D'autres mesures sont envisagées à l'avenir (lire ci-contre).

L'Etat possèdant un bas de laine, il pourra en partie éponger le déficit, et ceux à venir ces prochaines années. Pour autant, aucun parti n'est satisfait: la droite fustige l'augmentation des dépenses et des postes, la gauche les efforts demandés aux fonctionnaires. Ce projet de budget sera débattu en décembre au Grand Conseil.

Introspection et mesures

Face aux déficits le Conseil d'Etat n'entend pas rester les bras croisés. «Nous devrons réfléchir à la pertinence et à l'efficience des prestations délivrées», a prévenu Nathalie Fontanet. Autres pistes envisagées, la révision de la valeur des villas et PPE, qui rapporterait 90 millions par an. Un projet qui date de 2001 et qui rencontre une forte résistance dans les milieux des petits propriétaires. Le transfert de compétences et les dépenses y relatives aux communes permettrait d'économiser quelque 90 millions sur quatre ans. L'Association des communes genevoises a accepté d'entrer en matière. Un protocole de discussion.

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