Actualisé 24.10.2014 à 14:24

Grande-Bretagne

Budget de l'UE: Les Britanniques révoltés

La classe politique britannique était liguée vendredi contre l'idée de voir le Royaume-Uni rallonger jusqu'à 2,1 milliards d'euros au budget de l'Union européenne.

«Scandaleux», «inacceptable»: du Labour au parti europhobe Ukip, en passant par les conservateurs au pouvoir, les politiciens britanniques n'ont pas mâché leurs mots à l'égard de cette éventuelle rallonge.

Ce nouveau calcul, annoncé jeudi, figure dans une proposition de budget rectificatif adopté le 17 octobre par la Commission européenne, en vue du bouclage d'ici la fin de l'année du budget européen pour 2014.

La question doit être tranchée dans le cadre de la conciliation budgétaire entre la Commission, le Parlement européen et le Conseil, qui représente les Etats. La Grande-Bretagne ne dispose pas de droit de véto au Conseil, où le budget se décide à la majorité simple.

Les services du Premier ministre ont rapidement réagi jeudi soir en jugeant que cette demande n'était «pas acceptable». Vendredi matin, c'est la classe politique britannique qui tirait à feu nourri sur la proposition.

Rallonge «illégale et inacceptable»

Pour le député conservateur eurosceptique John Redwood, M. Cameron doit refuser de payer, voire passer par la loi pour signaler que cette demande de rallonge est «illégale et inacceptable».

«Les Britanniques paient déjà trop d'impôts et la dernière chose qu'ils veulent c'est envoyer à nouveau 1,7 milliard de livres à la commission», a-t-il déclaré sur les ondes de la BBC.

Nigel Farage, leader de l'Ukip, le parti europhobe et anti-immigration, a de son côté comparé l'Union européenne a «un vampire assoiffé qui se repaît du sang du contribuable britannique», tout en en imputant la faute à M. Cameron.

«David Cameron a un jour affirmé qu'il avait réduit notre contribution au budget européen, mais elle a augmenté, et aujourd'hui, elle augmente encore, pour la seconde fois, et de manière spectaculaire. C'est scandaleux», a dit dans un communiqué celui dont le parti est arrivé en tête des dernières élections européennes.

Pour les travaillistes, «il est inacceptable que la Commission européenne sortante mette une facture sur la table de cette manière».

«Le gouvernement doit oeuvrer pour obtenir le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni», déclare Pat McFadden, responsable des questions européennes au sein du Labour, dans un communiqué.

Une partie de la presse tirait également dans le même sens. «L'Union européenne veut imposer la reprise britannique», a titré en une le «Daily Telegraph», ajoutant: «L'argent servirait à aider une France à la peine».

«Bruxelles punit les Britanniques», a lâché de son côté «The Times», tandis que le «Daily Mail» écrivait: «Alors que la France a une ristourne, Bruxelles demande encore plus de cash au Royaume-Uni».

Cameron: «C'est une façon horrible de se conduire»

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré vendredi à Bruxelles que le Royaume-Uni ne paierait pas la contribution supplémentaire. Très énervé, il a qualifié la requête des 28 d'«inacceptable».

«C'est une façon horrible de se conduire. C'est inacceptable pour cette organisation de travailler de cette façon», a déclaré un David Cameron visiblement très en colère lors d'une conférence de presse vendredi en début d'après-midi à Bruxelles. Le Premier ministre a martelé qu'il ne paierait pas lors de l'échéance le 1er décembre.

Une telle demande de la Commission «n'aide pas sur la question de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE», a affirmé M. Cameron, qui est sous la pression des europhobes et a promis un référendum sur l'appartenance de son pays à l'UE en 2017.

Il a toutefois souligné que le calcul présenté par la Commission était «une estimation mais pas le chiffre final».

L'annonce de cette possible rallonge budgétaire des Britanniques intervient en plein débat au Royaume-Uni sur l'appartenance à l'UE, et un texte prévoyant l'organisation d'un référendum d'ici à 2017 sur ce sujet a été adopté il y a une semaine en première lecture par les députés britanniques.

(ats/afp)

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