Actualisé 29.09.2016 à 14:56

Finances cantonales

Budget largement déficitaire à Neuchâtel

Le budget 2017 du canton accuse un déficit de 68,9 millions de francs et s'écarte du frein à l'endettement.

photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration

Face à cette situation critique, le Conseil d'Etat propose un programme d'assainissement des finances de 100 millions de francs sur trois ans. Il préconise une hausse du temps de travail de la fonction publique et un report de la baisse fiscale des personnes physiques.

Ces difficultés financières s'expliquent par une baisse massive des recettes. En 2017, les caisses cantonales devront se passer de 40 millions de francs au titre de la péréquation financière (RPT). Les impôts des personnes morales reculeront quant à eux de 35 millions. Le canton aura perdu 100 millions de recettes en deux ans.

«C'est unique d'avoir une baisse de recettes de 100 millions sans perspectives d'amélioration pour ces prochaines années», a relevé jeudi le conseiller d'Etat neuchâtelois Laurent Kurth en dévoilant le budget. Du côté des charges, l'Etat maîtrise les subventions et la masse salariale.

Avec un déficit de près de 70 millions de francs, le budget 2017 s'écarte de 55,5 millions du déficit maximal de 13,4 millions de francs qui est autorisé par le frein à l'endettement. Le Conseil d'Etat devra solliciter du Parlement la levée temporaire des mécanismes du frein.

Plan d'assainissement

L'absence d'embellie à court terme impose des mesures difficiles, a expliqué le Conseil d'Etat au complet pour commenter le budget et le programme d'austérité qui l'accompagne. «On ne peut pas se permettre d'attendre», a déclaré le président du gouvernement à majorité socialiste Jean-Nathanaël Karakash.

Le chef du département des finances Laurent Kurth est revenu sur les mesures d'économies portant sur 100 millions, à réaliser sur trois ans, déjà esquissées mardi devant le Grand Conseil. Les efforts portent pour moitié sur les charges de l'Etat, en particulier sur les subventions qui représentent plus de 50% du budget.

Entre autres mesures, le Conseil d'Etat entend faire passer le temps de travail de la fonction publique de 40 à 41 heures hebdomadaires dès le 1er janvier prochain et l'accompagner d'une réduction des effectifs de 2,5% des équivalents plein temps (EPT) d'ici à fin 2017. Une soixantaine de postes sont concernés. L'objectif est de réduire la masse salariale de 10 millions de francs.

Report de la baisse fiscale

L'autre moitié des améliorations sera réalisée à parité au travers de la participation des communes aux efforts d'économies et par un report de la baisse de la fiscalité des personnes physiques. «Il faut adapter nos prestations et nos structures à la réalité de nos moyens», a estimé le ministre Jean-Nathanaël Karakash.

Le programme sera finalisé dans les deux mois à venir pour être soumis au Grand Conseil en même temps que le budget au mois de décembre. L'objectif est un retour à l'équilibre financier en 2020. «Un redressement plus rapide ne paraît tout simplement pas possible», a estimé le conseiller d'Etat Laurent Kurth.

Pour les années 2018 à 2020, les perspectives financières restent sombres avec des déficits attendus de 95 à 134 millions de francs. L'Etat n'entend toutefois pas réduire les investissements nets sous peine de mettre en péril les «dynamiques positives» instaurées durant cette législature.

Ministres sortants candidats

Lors d'une déclaration solennelle sur l'état du canton mardi devant le Parlement, les membres du Conseil d'Etat avaient indiqué qu'ils étaient candidats à un nouveau mandat. «Le Conseil d'Etat in corpore annonce devant vous sa volonté de poursuivre son engagement au service de la population durant la prochaine législature», avait déclaré Jean-Nathanaël Karakash. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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