Actualisé 08.10.2012 à 19:07

MadridBurkhalter plaide la position suisse

Didier Burkhalter a rencontré lundi à Madrid José Manuel García-Margallo. Le conseiller fédéral a poursuivi ses efforts d'explication de la position suisse dans ses relations avec l'UE.

Didier Burkhalter a rencontré José Manuel García-Margallo à Madrid.

Didier Burkhalter a rencontré José Manuel García-Margallo à Madrid.

Devant les médias à l'ambassade de Suisse à Madrid, M. Burkhalter a qualifié de «positives» les discussions menées avec le chef de la diplomatie espagnole. Le conseiller fédéral a souligné l'importance de bien expliquer aux partenaires européens les efforts réalisés par la Suisse pour trouver une solution dans le cadre de la voie bilatérale.

L'Espagne est le quatorzième Etat membre de l'UE avec lequel la Suisse discute ces derniers mois pour expliquer sa position et trouver une solution qui convienne aux deux parties, notamment sur les épineuses questions institutionnelles.

Le peuple a le dernier mot

Didier Burkhalter a entamé cette tournée «pour faire comprendre que nous sommes en train de construire un pont pour que la Suisse ne soit pas isolée», a-t-il déclaré. Le conseiller fédéral a par ailleurs souligné que les fondements de la Suisse tels que la démocratie directe «doivent continuer d'exister».

L'Union européenne diverge avec la Suisse sur la question de la reprise du droit européen. Didier Burkhalter a expliqué que le système helvétique de la démocratie directe ne permet pas «de reprendre le droit européen, car c'est le peuple qui a le dernier mot».

En matière d'accords bilatéraux, la Suisse est d'accord pour la création d'une autorité indépendante de surveillance, «mais nous ne pouvons pas accepter qu'elle soit supranationale» a souligné le conseiller fédéral.

Suite aux «propositions substantielles soumises» par la Suisse dans une feuille de route à ses partenaires européens, Berne demande à engager une discussion constructive, a-t-il dit.

Accord test sur l'électricité

L'une des solutions proposées par la Suisse est de faire un test à travers l'accord sur l'électricité, qui pourrait ensuite s'appliquer aux accords suivants.

M. Burkhalter a fait référence à d'importants investissements d'entreprises suisses dans des installations solaires et d'énergie renouvelable. Il a souligné l'importance de la conclusion d'un accord bilatéral en matière d'électricité entre la Suisse et l'Union européenne pour inciter à de tels investissements.

Sur ce dossier, la Suisse, sixième investisseur en Espagne et créateur de 60'000 emplois, compte développer des collaborations avec l'Espagne où des Suisses ont récemment investi 200 millions d'euros (241 millions de francs) dans un système de centrale solaire, a précisé M. Burkhalter.

Immigration et fiscalité

Le chef de la diplomatie helvétique a proposé à l'Espagne de développer des projets communs en matière d'immigration, notamment en raison des contacts particulièrement étroits que l'Espagne entretient avec le Maroc et qui pourraient aider la Suisse dans ses problèmes de réadmission.

Des questions de fiscalité et l'accord Rubik ont également été abordés pendant l'entretien. La Suisse a pris note que que l'Espagne, quoiqu'intéressée, était dans une phase d'amnistie fiscale jusque fin novembre.

Les deux pays ont d'ailleurs brièvement parlé de l'affaire Falciani, pour constater qu'il faudra attendre la décision de la justice et qu'aucune appréciation politique ne pouvait être faite pour le moment.

(ats)

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