Actualisé 27.05.2009 à 08:27

Un Suisse au sifflet ce soir à Rome«Busacca parle beaucoup avec les joueurs, leur explique ses décisions»

Arbitre assistant à la retraite depuis fin 2008, le Vaudois Stéphane Cuhat connaît bien Massimo Busacca, l'arbitre tessinois qui sifflera ce soir la finale de la Ligue des champions Manchester-Barcelone. Les deux hommes ont officié ensemble lors d'une vingtaine de matches internationaux. Interview

de
Catherine Muller

Après un quart de siècle d'activité, Stéphane Cuhat a rangé définitivement son drapeau en décembre dernier, au terme de la 1ère phase du championnat de Suisse. Au niveau international, le Combier a assisté Massimo Busacca entre 2004 et 2008. Au palmarès du Vaudois figurent, entre autres, la finale de la Coupe de l'UEFA en 2007 (Séville-Espanyol Barcelone), trois rencontres de l'Euro 2008 (dont la 1/2 finale Allemagne-Turquie) ainsi que la 1/2 finale de Ligue des champions 2008, entre, déjà, Barcelone et Manchester United.

20 minutes online. Stéphane Cuhat, quelle a été votre réaction quand vous avez appris la nomination de Massimo Busacca pour la finale de ce soir?

Stéphane Cuhat. J'étais vraiment content pour lui, il la mérite pleinement. Il faisait partie des favoris, ce n'était donc qu'une demi-surprise. Je savais que, tôt ou tard, on allait lui confier la direction d'une finale de Ligue des champions. Son arbitrage est vraiment au top.

Selon vous, quelles sont ses principales qualités, qui lui ont permis d'atteindre ce niveau?

C'est un vrai professionnel, sérieux, qui ne laisse rien au hasard et qui se donne les moyens pour réussir. On peut dire qu'il se prépare comme les joueurs. Il visionne les matches des équipes et possède une condition physique irréprochable. Mentalement, il est également très fort.

Et une fois qu'il est sur le terrain?

D'abord, il connaît bien le jeu. Et, puis, il parle beaucoup avec les joueurs, leur fournit des explications lorsqu'il prend une décision. Mais surtout, il agit, avant de réagir, c'est ça qui est important.

De façon générale, M. Bussaca est-il respecté par les joueurs?

Oui, de la même façon qu'il respecte les joueurs. Il sait également faire preuve de courage. Lors de la demi-finale aller de l'an passé, entre ces deux équipes, je me souviens qu'il n'avait pas hésité à siffler, au Nou Camp, un penality contre Barcelone après seulement 7 minutes de jeu, pour une faute de main.

Quelle relation entreteniez-vous avec Massimo Busacca?

Avant tout, il s'agissait d'une relation professionnelle, même s'il est important de bien s'entendre. Quand on assiste M. Busacca, il faut être capable de se mettre à son niveau. S'il est très exigeant avec lui-même, il l'est également avec les autres. Par exemple, il ne va jamais garder un assistant, en fonction de l'amitié. Il n'hésitera pas à se séparer d'un adjoint qu'il apprécie, certes, mais qu'il juge insuffisant sur le plan technique ou physique.

Arbitrer une demi-finale ou une finale de la Ligue des champions, c'est fondamentalement différent, même si les équipes sont les mêmes?

Tactiquement, ça change beaucoup, bien sûr. Lorsque les joueurs entrent sur le terrain lors d'une finale, ils savent qu'ils n'ont qu'un seul match à disputer. Ils seront donc prêts à tout, par exemple le défenseur n'hésitera pas à faire une faute de dernier recours pour sauver son équipe. En 2008, nous avions officié lors du match aller. Il est évident que certains joueurs n'avaient pas envie d'être suspendus pour le match retour.

La pression sera-t-elle grande, ce soir, pour M. Busacca?

Pas plus que pour d'autres rencontres. Prenez simplement les matches de qualification pour la phase finale de la Ligue des champions. Les enjeux financiers sont tellement importants, que la pression est déjà très grande. D'ailleurs, les matches attribués à Massimo Busacca revêtent souvent un tel enjeu.

Avec quel regard allez-vous suivre la finale?

Je crois que, quand on a été arbitre, il est difficile, une fois à la retraite, de suivre un match en soutenant une équipe. Ce soir, je pense que je vais m'enflammer pour le beau jeu, tout en gardant bien sûr un oeil sur l'arbitrage. Même si, lorsqu'on regarde un match à la télévision, on ne peut pas voir tout ce qui se passe sur le terrain.

"Pas de regrets à avoir"

cam

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