Bush admet une analogie entre Irak et Vietnam
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Bush admet une analogie entre Irak et Vietnam

«Le niveau de violence s'est certainement élevé, et nous allons vers des élections», a déclaré M. Bush, faisant référence au renouvellement du Congrès le 7 novembre.

Jeudi, de nouveaux attentats suicide ont continué à ensanglanter l'Irak.

«Il pourrait avoir raison», a déclaré M. Bush à la chaîne de télévision ABC qui lui demandait si l'éditorialiste Thomas Friedman pouvait, comme il l'a fait dans le «New York Times» de mercredi, comparer les attaques contre les forces américaines et irakiennes à l'offensive du Têt, au Vietnam.

Bush a toutefois réfuté que chaque jour éloigne davantage l'administration de son objectif d'un Irak capable de s'auto-gouverner et de s'auto-défendre. Et il a de nouveau refusé un retrait prématuré des troupes américaines.

Victoire psychologique

L'offensive du Têt, menée à partir de janvier 1968 par l'armée nord-vietnamienne et le Vietcong contre les troupes américaines et sud-vietnamiennes, s'est soldée par ce qui peut être considéré comme une lourde défaite militaire pour les forces communistes. Mais elle passe aussi pour une victoire psychologique considérable pour elles et un tournant dans la guerre.

Dans sa tribune, Thomas Friedman dit que les «jihadistes» redoublent les attaques pour tirer le plus grand profit du contexte électoral américain, comme les communistes au Vietnam en 1968.

Par la suite, une porte-parole de la Maison Blanche s'est employée à replacer dans ce cadre les propos de M. Bush. Pour elle, le président dressait un parallèle entre les efforts de propagande des combattants en Irak et des communistes au Vietnam et n'a fait que répéter que «l'ennemi (essayait) d'ébranler notre détermination».

Sur la défensive

La faculté des forces communistes à monter une offensive d'une ampleur de celle du Têt a ruiné les espoirs d'une victoire rapide et renforcé l'opposition à la guerre aux Etats-Unis. Elle a aussi poussé le président démocrate Lyndon Johnson à renoncer à briguer sa propre succession à la présidentielle de novembre 1968, finalement remportée par le républicain Richard Nixon.

L'Irak est l'une des données majeures des élections à venir. La majorité républicaine s'inquiète que l'Irak n'y contribue grandement à causer sa perte.

M. Bush, apparu sur la défensive dans l'entretien avec ABC, a reconnu la brutalité des dernières semaines. Depuis début octobre, 73 soldats américains ont été tués en Irak, dont trois mercredi, selon un décompte de l'AFP. Ce mois s'annonce comme l'un des plus meurtriers pour l'armée américaine depuis l'invasion de mars 2003.

Plus de 40 morts

Sur le terrain, de nouvelles violences ont ensanglanté l'Irak jeudi, faisant plus d'une quarantaine de victimes. Un kamikaze a ainsi fait exploser sa voiture près du siège d'une banque de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad) au moment où des militaires irakiens allaient toucher leur solde. Au moins douze personnes ont été tuées et 68 blessées dans cet attentat.

Plus au nord, à Mossoul, onze personnes ont été tuées lorsqu'un autre kamikaze a fait sauter le camion-citerne qu'il conduisait à proximité d'un commissariat. Toujours dans la même ville, l'attaque coordonnée d'un autre poste de police a fait neuf morts.

Et quatorze personnes ont été tuées dans différents incidents à Bagdad et Baaqouba. Ces attentats, survenues quelques jours avant les fêtes de l'Aïd al-Fitr, qui marquent la fin du ramadan, rappellent que l'Irak affronte les plus graves violences depuis 2003. (ats)

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