Actualisé 14.01.2008 à 23:41

Bush cherche des alliés contre l'Iran

George W.Bush est arrivé lundi en Arabie saoudite avec la promesse d'une importante vente d'armements au royaume.

Le président américain tente de rallier le roi Abdallah à ses efforts pour contenir l'Iran et forger un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

En provenance de Dubaï, M. Bush, au sixième jour de sa tournée dans la région, a été accueilli à sa descente d'avion par le roi Abdallah. Les deux hommes se sont ensuite rendus à la Résidence des Hôtes, un somptueux palais où logent les dignitaires étrangers visitant Ryad.

Il s'agit de la première visite de M. Bush dans le royaume, première puissance pétrolière mondiale et principal allié des Etats- Unis dans le Golfe.

Pendant son séjour d'un peu moins de 48 heures, M. Bush entend convaincre le roi Abdallah de la nécessité d'isoler l'Iran et de soutenir son action en faveur de la conclusion d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de l'année.

Juteux contrats

Pour parvenir à ses fins, M. Bush est arrivé porteur d'une bonne nouvelle: son gouvernement a formellement notifié lundi le Congrès de son intention de vendre pour quelque 120 millions de dollars d'armement à l'Arabie saoudite, selon le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

Au total, Washington compte vendre pour 20 milliards de dollars d'armes et d'équipements militaires à différents Etats du Golfe. L'administration avait fait connaître ce projet en 2007. Un responsable américain n'a toutefois pas nié que l'annonce de la notification au Congrès avait été quelque peu arrangée pour coïncider avec l'arrivée de M. Bush à Ryad.

La notification ouvre une période d'examen de 30 jours au cours de laquelle le Congrès peut s'opposer à la transaction. Celle-ci prévoit la vente de 900 bombes de haute technologie à guidage satellitaire.

Craintes israéliennes

Ce projet a alarmé le gouvernement israélien et de nombreux parlementaires américains, qui craignent que les armes soient utilisées contre Israël ou réduisent son avance technologique sur les autres Etats arabes de la région qui, comme l'Arabie saoudite, refusent de reconnaître l'Etat hébreu.

Le gouvernement américain s'est employé à apaiser les uns et les autres avec l'annonce, l'an dernier, d'un pacte d'assistance militaire à Israël à hauteur de 30 milliards de dollars sur 10 ans, soit une augmentation considérable de l'aide consentie jusqu'alors à l'Etat hébreu.

Il a aussi fait valoir que cette vente était nécessaire pour contrer ce que M. Bush appelle la «menace» iranienne, grande priorité de sa tournée dans le Golfe.

Bête noire

Le président américain aimerait que l'Arabie saoudite et les Etats du Golfe coopèrent à son entreprise d'isolement de la République islamique, sa bête noire.

La question était de savoir s'il parviendrait à convaincre le roi Abdallah lundi soir à l'occasion d'un dîner dans son palais ou mardi dans son ranch de Janadriyah (45 km au sud-est de Ryad).

Si l'Arabie saoudite sunnite, comme les autres Etats arabes du Golfe (Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis) que M. Bush vient de visiter, semble admettre l'existence d'un péril iranien, elle répugne à se mettre à dos l'Iran chiite et ne veut pas donner l'impression de prendre le parti d'Israël.

En outre, malgré sa présence à la conférence d'Annapolis (Etats- Unis) fin novembre, le royaume semble suivre avec circonspection les efforts de M. Bush pour résoudre le conflit israélo-palestinien dans la dernière année de sa présidence, autre grande motivation de son périple, commencé la semaine dernière en Israël et en Cisjordanie.

M. Bush quittera l'Arabie saoudite mercredi pour l'Egypte, dernière étape de son voyage. (ats)

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