Bush frôle la gaffe avec la reine d'Angleterre
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Bush frôle la gaffe avec la reine d'Angleterre

Washington - Le président américain George W.Bush a déployé tout l'apparat de l'Amérique républicaine pour accueillir la reine Elizabeth II d'Angleterre.

Mais il a failli altérer l'événement le plus mondain de sa présidence par un lapsus renvoyant à l'âge de la souveraine.

Lors d'une cérémonie en grande pompe sur les pelouses de la Maison Blanche, M. Bush a célébré lundi la «relation particulière» entre les deux pays et leur combat côte à côte en Irak et en Afghanistan. C'est quand il a évoqué les rapports privilégiés entre la reine et les Etats-Unis que le ciel sans nuage a failli se couvrir.

«Après tout, vous avez dîné avec dix présidents américains. Vous avez aidé notre pays à célébrer son bicentenaire en dix-sept- cent...», a dit M. Bush avant de se rendre compte qu'il allait au- devant d'une de ses fameuses bévues. «En 1976», s'est-il repris.

Comme un enfant

Se tournant vers la reine, M. Bush s'est empressé de mettre de son côté les rieurs qui se sont fait entendre parmi les 7000 invités triés sur le volet: «Elle m'a regardé comme seule une mère peut regarder un enfant», a-t-il plaisanté, substituant un ton filial à la révérence de circonstance.

La reine, qui a fêté ses 81 ans il y a deux semaines, n'a pas paru tenir rigueur à son hôte d'avoir failli la vieillir de deux siècles. Elle l'a remercié de ses «propos chaleureux».

M. Bush, un Texan peu réputé pour son aisance avec le protocole ni son goût de l'étiquette, devait donner en soirée le premier et peut-être le seul dîner de sa présidence en queue de pie, en l'honneur de «sa Majesté» du prince Philip qui accompagne son épouse.

Faste

Un peu du faste de ce dîner d'Etat, le cinquième seulement en plus de six années de présidence, est transparu dans l'accueil réservé par M. Bush à la reine et au duc d'Edimbourg.

La reine est venue aux Etats-Unis participer aux célébrations du 400e anniversaire de la première colonie anglaise permanent en Amérique du Nord. Il s'agit de la première visite de la reine depuis 1991, à une époque où le Bureau ovale était occupé par un autre Bush, et de sa cinquième visite depuis 1957.

Cette visite est une diversion pour un président qui se débat avec les difficultés de la guerre en Irak, qui vit une cohabitation difficile avec une majorité parlementaire démocrate et qui touche le fond de l'impopularité.

Pas une distraction

«Est-ce que cette journée est une distraction bienvenue? Non, c'est une autre journée de travail», a estimé le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow.

Les réalités du moment étaient ainsi inscrites dans le discours de bienvenue de M. Bush: «Aujourd'hui, nos deux pays défendent la liberté contre la tyrannie et le terrorisme. Nous résistons à ceux qui assassinent des innocents (...) qu'ils tuent à New York, Londres, Kaboul ou Bagdad». «Notre travail est difficile. Beaucoup de gens ont du mal à voir les fruits de notre travail», a-t-il dit. (ats)

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