Actualisé 18.01.2007 à 08:32

Bush n'a jamais été aussi faible qu'aujourd'hui, affirme Maliki

Rome - Le président américain George W.Bush n'a «jamais été aussi faible qu'aujourd'hui», a affirmé jeudi le premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Selon lui, les Etats-Unis auraient dû plus s'impliquer en Irak.

«Je comprend que l'actuelle administration américaine se trouve en grave difficulté après la défaite électorale d'il y a deux mois. Jamais comme aujourd'hui je n'ai senti la faiblesse de George W. Bush», a déclaré le dirigeant irakien dans une interview jeudi au quotidien italien «Corriere della Sera».

«Il me semble que Bush est en train de capituler sous le poids des pressions internes. Peut-être qu'il a perdu le contrôle de la situation. Et j'en suis désolé car George Bush a généralement un caractère fort», a poursuivi le dirigeant chiite.

C'est la première fois que le premier ministre irakien, critiqué par les Etats-Unis pour ses faibles résultats, attaque aussi durement l'administration américaine.

M. Maliki a également rejeté les propos tenus par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice lors d'une audition devant le Congrès, selon lequel le gouvernement irakien était «en sursis». Il lui a «conseillé» d'»éviter des déclarations qui ne peuvent aider que les terroristes».

Washington a trop tardé

Selon lui, «la situation serait bien meilleure si les Etats-Unis avaient immédiatement envoyé à nos forces de l'ordre des armes et des équipements adéquats». L'administration américaine est réticente à envoyer de grandes quantités d'armes car certaines d'entre-elles finissent entre les mains des insurgés.

Concernant le nouveau plan du président américain visant à renforcer les troupes américaines en Irak, M. Maliki n'a pas exclu son succès et la possibilité de réduire de manière importante dans «trois à six mois» le nombre de militaires américains dans son pays.

«Maintenant nous devons voir comment cela fonctionnera sur le champ. Mais nous ne pouvons pas exclure que la situation puisse grandement s'améliorer de manière à permettre, dans un délai compris entre trois et six mois, le retrait d'un important nombre de troupes américaines», a-t-il dit.

Pas de guerre civile

Le premier ministre irakien s'est dit confiant concernant l'avenir de son pays. «Je ne crois absolument pas que nous finirons dans une guerre civile. La cohabitation pacifique a toujours triomphé dans le passé et je suis convaincu que nous battrons les extrémistes», a-t-il dit.

«C'est cela notre plan: faire la guerre aux terroristes, toujours et partout, quel que soit le temps que cela demandera. Et si nous échouons une fois, nous poursuivrons quand même», a conclu le premier ministre irakien, promettant que son gouvernement «donnerait la chasse à toutes les milices, sans aucune distinction».

«Il n'y aura pas de discriminations ou de préférences», a en outre assuré le dirigeant irakien soupçonné de favoriser les chiites.

(ats)

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