Actualisé 15.09.2007 à 12:01

Bush promet une nouvelle phase pour les forces US à partir de décembre

WASHINGTON - La mission des forces américaines en Irak va évoluer à partir de décembre, avec l'affectation progressive d'un plus grand nombre de troupes à des opérations de soutien à l'armée irakienne, a déclaré samedi le président George W.

Bush lors de son allocution radio hebdomadaire. La veille, son ministre de la Défense, Robert Gates, a évoqué pour la première fois la possibilité de ne plus garder que 100.000 hommes en Irak, ce qui irait bien au-delà des réductions d'effectifs approuvées par le président américain.

«Nos troupes vont passer au fil du temps d'opérations principales (de combat) à un partenariat avec les forces irakiennes, et finalement à une supervision de ces forces», a expliqué M. Bush. Le chef de la Maison Blanche suit les recommandations du commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus.

Jeudi lors d'un discours télévisé, M. Bush a annoncé qu'il approuvait le projet présenté au Congrès par le général Petraeus, prévoyant le retour aux Etats-Unis d'ici Noël de 5.700 soldats, et le retrait d'ici juillet 2008 de cinq brigades de combat, soit quelque 21.500 hommes, en plus d'autres unités de soutien. Dans le cadre de ce plan de retrait, il devrait rester environ 132.000 soldats américains en Irak à l'été prochain, soit autant qu'avant l'envoi début 2007 de quelque 30.000 hommes en renfort. Les Etats-Unis comptent actuellement 169.000 GI's en Irak.

Cependant, le ministre de la Défense Robert Gates a évoqué vendredi la possibilité de ne plus garder que 100.000 hommes en Irak, ce qui irait bien au-delà des réductions d'effectifs approuvées par M. Bush. Il s'agit d'un souhait, pas d'un projet de la Maison Blanche, a précisé M. Gates. Il est possible selon lui que la situation en Irak s'améliore suffisamment pour permettre des réductions de troupes bien plus importantes que ce qui est actuellement prévu pour 2008. Et dans ce cas de figure, précise-t-il, il est envisagé de ne maintenir en Irak que dix brigades de combat, contre 20 actuellement.

L'administration Bush a réaffirmé que les conditions sur le terrain, et non les pressions politiques, seront déterminantes. Samedi au cours de son allocution, le président Bush a de nouveau justifié la nécessité de maintenir une présence militaire en Irak. Un retrait précipité ne ferait que renforcer les extrémistes, a-t-il fait valoir.

«Al-Qaïda pourrait trouver de nouvelles recrues et de nouveaux sanctuaires. Et un Irak en échec pourrait accroître la probabilité d'un retour un jour de nos forces, pour affronter des extrémistes encore plus enracinés et meurtriers», selon M. Bush.

En revanche, un «Irak libre» ne sera pas un «havre de paix» pour Al-Qaïda. «Il contrera les ambitions destructrices de l'Iran. Et il sera un partenaire dans la lutte contre le terrorisme», a ajouté le président américain.

L'opposition démocrate qui détient la majorité au Congrès juge inacceptable cette approche. «Une majorité croissante dans ce Congrès et parmi le peuple américain veulent que nos troupes partent», a noté samedi le démocrate Tom Lantos, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. Sur le plan stratégique, l'envoi de renforts, une «escalade», a «échoué», dit-il.

«Nous pouvons nous attendre à ce que l'administration continue à demander plus d'argent, plus de patience et plus de sacrifices à nos troupes, tout cela avec la conviction que la poursuite de notre intervention en Irak finira par porter ses fruits. Mais cette approche n'est pas une stratégie, et la patience des Américains est épuisée», a conclu M. Lantos. (ap)

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