Tessin: C'est bien l'UDC qui a financé la campagne
Actualisé

TessinC'est bien l'UDC qui a financé la campagne

La campagne publicitaire «balairatt» qui suscite la polémique ces jours-ci au Tessin a bien été commanditée par la section cantonale de l'UDC.

Le président de L'UDC tessinoise Pierre Rusconi l'a annoncé vendredi à Rivera lors d'un point de presse pris d'assaut par les journalistes suisses et italiens.

Le président de L'UDC tessinoise Pierre Rusconi l'a annoncé vendredi à Rivera lors d'un point de presse pris d'assaut par les journalistes suisses et italiens.

La campagne, sous la forme de 60 affiches géantes placardées dans tout le canton, a été financée par «22 sympathisants de l'UDC», a dit son coordinateur Pierre Rusconi. Elle a coûté 30'000 francs mais ses répercussions correspondent à un investissement de deux millions de francs, estime-t-il.

«Le sport national, de nous autres Suisses, est celui de nous indigner à tout propos», a dit M. Rusconi face à un parterre nourri de journalistes, dont plusieurs venus expressément d'Italie.

«Cette campagne», a-t-il souligné, «n'est ni raciste ni xénophobe, elle veut simplement mettre l'accent sur les problèmes réels d'un canton de frontière comme le Tessin, soit le risque de dumping salarial, la criminalité étrangère et l'amnistie fiscale voulue par le gouvernement italien.»

Excuses à l'Italie «de très mauvais goût»

Aux côtés du publicitaire italien de Muralto Michel Ferrise, créateur des trois rats qui ont tant fait parler ces jours-ci, Pierre Rusconi a déploré «les réactions irrationnelles et disproportionnées, aussi bien en Suisse qu'en Italie.»

Ainsi, pour le président de l'UDC tessinoise, «les excuses présentées à Franco Frattini» (ministre italien des affaires étrangères) par l'ambassadeur suisse à Rome Bernardino Regazzoni, «sont de très mauvais goût. Personne n'a bougé le petit doigt lorsque Giulio Tremonti (le ministre de l'économie à l'origine de l'amnistie fiscale) a traité les Tessinois de voleurs et mafieux.»

Campagne «idiote» pour Filippo Lombardi

La campagne a été fermement condamnée par le gouvernement et les syndicats tessinois. Le sénateur Filippo Lombardi (PDC/TI) l'a qualifiée d'»idiote». Pierre Rusconi a estimé vendredi que «au lieu de s'indigner pour des affiches, l'exécutif cantonal devrait trouver des solutions aux problèmes qui affligent le Tessin.»

Tout en admettant que «sans les frontaliers, l'économie tessinoise ne pourrait pas tourner», il a demandé aux entrepreneurs locaux de «donner la priorité aux travailleurs résidant dans le canton.»

La campagne «balairatt» (»les souris dansent») représentent trois rats en train de grignoter un fromage suisse. Fabrizio, le rongeur italien est un frontalier, le rongeur Bodgan qui porte un masque de cambrioleur est un voleur roumain, tandis que Giulio, un avocat de Milan, brandit un bouclier: une allusion directe au «scudo» (bouclier) soit à l'amnistie fiscale voulue par Giulio Tremonti.

(ats)

Ton opinion