Actualisé 02.12.2007 à 19:09

«C'est jouable» avoue Köbi Kuhn

Souvent considéré comme l'un des rois de la langue de bois, Köbi Kuhn a baissé quelque peu sa garde à l'heure de l'analyse du résultat du tirage au sort.

«C'est jouable, avoue-t-il. Nos chances de qualification sont réelles. Je n'aurais pas pu tenir un tel discours si ce tirage avait été le même qu'il y a quatre ans».

A l'Euro 2004, la Suisse avait pris la dernière place de son groupe derrière la France, l'Angleterre et la Croatie. «Mais nous étions toujours dans la course à la qualification à la 75e minute de notre dernier match contre la France», se souvient Köbi. En juin prochain, le sélectionneur entend cette fois la conclure victorieusement.

Le grand pardon

«Ce groupe est très ouvert. Le premier match pèsera très lourd. Une défaite face aux Tchèques nous placerait dans une position fort délicate, poursuit le sélectionneur. Je ne crois pas au déclin de la République tchèque. On ne gagne pas 3-0 par hasard en Allemagne !»

Köbi Kuhn assure que le match contre la Turquie se déroulera sous le signe du fair-play. Comme son homologue turc Fatih Terim, l'heure est au grand pardon. «Je n'ai aucun problème pour serrer la main de Fatih Terim, explique-t-il. Nous nous étions déjà reparlés lors de réunions à la FIFA. Istanbul est oublié».

L'apaisement est également de mise pour Alex Frei. Le capitaine de l'équipe de Suisse est tombé, après le tirage au sort, dans les... bras de Fatih Terim. «J'avais un pressentiment: nous allions jouer contre la Turquie, lâche le Bâlois. J'avais seulement pensé que nous les affronterions lors du match d'ouverture. Pour moi, Istanbul c'est du passé. Mais je pense que mes coéquipiers qui ont été directement impliqués dans les incidents, Grichting, Huggel et Streller, ne témoignent peut-être pas du même recul».

A défaut de rencontrer les Turcs, Alex Frei retrouvera lors du match d'ouverture un visage familier: celui de Peter Cech, son ancien coéquipier de Rennes. «Je me réjouis vraiment de le revoir. Malgré toute la valeur de Peter et de nos autres adversaires, nous avons les moyens de nous hisser en quart de finale, poursuit-il. Le Portugal est capable du meilleur comme du pire. Il peut survoler le groupe ou concéder trois défaites».

Köbi Kuhn ne fait pas, lui aussi, des Portugais des extraterrestres. «Ils ont peiné lors des qualifications, lâche-t- il. Je les ai vus vraiment souffrir contre la Finlande lors du dernier match. Même s'ils possèdent avec Ronaldo et Deco deux joueurs extraordinaires, les Portugais sont loin de venir d'une autre planète».

Inquiétudes pour Patrick Müller

Mais Köbi Kuhn ne se voile pas la face. Pour se qualifier, la Suisse doit présenter un tout autre spectacle qu'en 2007. «Nous devons retrouver le niveau qui était le nôtre lors de la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2006», reconnaît-il. Les deux matches livrés à l'automne 2005 à Berne contre la France (1-1) et la Turquie (2-0) demeurent ses références.

A l'Euro, Köbi Kuhn espère bien compter sur Patrick Müller, qui fut en 2005 l'un des pions essentiels de son échiquier. Or, les nouvelles provenant de Lyon sont mauvaises. Le Genevois s'est à nouveau blessé à son genou droit. «Je l'ai eu au téléphone, précise le Zurichois. Aucun diagnostic ne peut être avancé avant lundi. S'il devait subir une intervention chirurgicale, il devra engager une véritable course contre-la-montre pour avoir une chance de disputer l'Euro. Cela deviendra très juste pour Patrick !». (ats)

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