Actualisé 12.10.2014 à 21:24

La correctrice du mois«C'est l'actualité à vif qui prime»

Parmi les lecteurs qui prennent le temps de signaler les erreurs repérées sur le site de «20 minutes», la Genevoise Magda Ghali fait preuve d'une assiduité redoutable et bienveillante.

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Magda Ghali.

Magda Ghali.

Quand on écoute Magda Ghali dévoiler, un peu, son univers et sa biographie, on devine une personnalité généreuse et ouverte, douée d'une immense culture générale. Outre le français, elle parle anglais, italien, espagnol et tchèque, «par amour de cette région d'Europe centrale». Tandis que l'allemand reste pour elle «une galère» et sa «grande frustration linguistique».

Mettant à profit ses compétences, elle a travaillé à Genève en qualité de guide-interprète, avant de changer totalement de cap: le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) lui tendait les bras, elle ne l'a plus quitté. Une carrière qui l'a menée sur le terrain, notamment en Afrique, ainsi qu'au siège de l'organisation internationale, à Genève. Lire fait ainsi partie de son quotidien et quand ses yeux tombent sur une faute glissée dans les articles publiés sur le site de «20 minutes», elle prend la peine de nous la signaler.

Maîtriser le français a-t-il toujours été facile pour vous?

Quand on était mômes, on parlait d'orthographe naturelle. Le plus jeune de mes frères et moi avions ce «petit problème». Aujourd'hui, on nous encadrerait peut-être comme on le ferait pour des surdoués. A l'époque, cela m'a valu d'être propulsée dans des classes supérieures, avec des élèves plus âgés, ce qui nécessitait une faculté d'adaptation qui s'est d'ailleurs développée au fil du temps.

Donc, pas de fautes dans vos écrits?

Oh que si, j'en fais aussi! Mais davantage lorsque je travaille au clavier qu'en rédigeant des textes manuscrits. Je pense que le cerveau n'arrive pas à suivre: ça va trop vite, on est moins concentré. Quand on prend sa plume, l'observation et l'imagination prennent également le pouvoir.

L'ordinateur serait-il donc en train de tuer notre langue?

Je n'irai pas jusque là. Je considère que c'est un privilège de pouvoir parler une langue aussi riche que le français. Et ça me navre de voir à quel point les règles grammaticales sont méprisées, dans toutes les langues du reste, alors qu'autrefois on était fier de les maîtriser. Certains pensent, aujourd'hui, qu'ils peuvent très bien s'en passer. Et je ne parle pas que de la presse écrite: il suffit d'écouter les conversations autour de soi. C'est édifiant.

Du coup, les erreurs sur le site de «20 minutes» doivent franchement vous agacer...

Absolument pas. Je comprends que l'actualité prime et qu'elle est délivrée à vif. Quand j'étais dans les camps de réfugiés, il m'est arrivé d'être privée d'information récente pendant de nombreux mois. Alors, ici, quand on nous la donne... merci mille fois! Et je trouve sympathique l'idée de pouvoir signaler les fautes. Cela instaure une certaine interactivité avec le rédacteur, une récréation en somme! Je fais ça en prenant un café, sans me prendre au sérieux. Et si c'est utile, tant mieux.

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