«C'est la mort des salons de massage»
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«C'est la mort des salons de massage»

Le patron d'un lupanar s'apprête à affronter la justice. Motif: il emploie des masseuses sans papiers venues des pays de l'Est. Or, la loi entrée en vigueur en 2004 l'interdit.

Le tenancier risque l'amende et la fermeture de son club coquin. «Mais les conséquences sont beaucoup plus graves: c'est la mort des salons de massage», estime-t-il. En général 85% des prostituées sont en situation irrégulière. Si la loi est appliquée, elles se retrouveront, selon lui, dans la rue, où le risque d'agression est bien plus important.

«On me reproche d'accepter des filles sans permis de travail», explique le tenancier bon chic bon genre d'un club privé de l'Ouest lausannois. Patrick* a l'autorisation de tenir ce genre d'établissement et accueille essentiellement des femmes venant des pays de l'Est. «La moitié d'entre elles sont en situation irrégulière», admet le quadra. Une faute selon la police cantonale du commerce, qui s'appuie sur la nouvelle loi sur la prostitution, entrée en vigueur en 2004.

Favorable à la nouvelle loi, il craint pourtant que son application n'entraîne «la mort des salons de massage». Un avis développé par son avocat lausannois, Franck Ammann, qui pointe le problème: «Il ressort des débats parlementaires de l'élaboration de la loi que 85% des prostituées, dont celles qui exercent dans ces lieux, sont en situation irrégulière.» Conséquence: les filles pourraient se retrouver «à la rue» avec un risque d'insécurité accru, selon lui.

Ce procès peut sonner comme un «signal d'alarme» pour les quelque 200 salons de massage annoncés officiellement dans le canton de Vaud, rétorque un des juristes de la police cantonale du commerce. «L'Etat ne veut pas fermer tous ces lieux!» affirme-t-il. Depuis deux ans, les contrôles ont abouti à la disparition d'une dizaine d'établissements, pour des raisons diverses.

Sophie Roselli

* Prénom d'emprunt

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