Voile: «C'est la plus intense des courses en solitaire»
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Voile«C'est la plus intense des courses en solitaire»

Dimanche après-midi, Justine Mettraux prendra à Bordeaux le départ de La Solitaire du Figaro, l'une des épreuves les plus impitoyables de la course au large.

par
Oliver Dufour
Après une première expérience l'an dernier, Justine Mettraux se lance à nouveau sur La Solitaire.

Après une première expérience l'an dernier, Justine Mettraux se lance à nouveau sur La Solitaire.

Alexis Courcoux

Une année pour la découvrir, une autre pour mettre en œuvre les leçons retenues. Pour la deuxième fois consécutive, la navigatrice genevoise Justine Mettraux s'alignera sur les quatre étapes de «La Solitaire», qui mèneront la flotte d'une quarantaine de monocoques de Bordaux-Pauillac à Dieppe, en passant par Gijon (Esp) et Concarneau. Arrivée prévue dans la ville côtière de Seine-Maritime le 21 juin prochain, après une rude mise à l'épreuve des organismes. Le parcours de la première étape a même été modifié samedi en raison de vents violents – de 75 à 85km/h – sur la Bretagne.

Mais qu'est-ce qui a poussé la barreuse trentenaire à s'élancer sur une telle épreuve, qui plus est une seconde fois? «Je dirais que c'est justement l'exigence du circuit qui m'intéresse», répond sans hésiter Justine Mettraux. «On est obligé de bien naviguer pour performer. Il faut de la finesse. Et le niveau de la flotte est très élevé. Je pense effectivement qu'il n'y a pas plus intense comme course au large en solitaire.» Pour ce qui est de l'appel du large chez bon nombre de marins suisses, la jeune femme le met sur le compte d'une certaine «culture française» de la voile. «On est attirés par ce modèle. Les marins qui se sont lancés dans les grandes courses au large en solitaire nous ont montré que c'était possible.»

Des stars du Vendée Globe en course

La difficulté de la tâche apparaît d'ailleurs comme l'une des meilleures écoles pour se préparer à affronter ensuite le Vendée Globe, la course autour du monde sans escale et sans assistance, à laquelle la Genevoise espère participer dans un avenir proche, peut-être même dès 2020. «Bon nombre de vainqueurs de La Solitaire ont par la suite obtenu des performances sur le Vendée Globe. C'est une progression assez logique.» Citons parmi eux le dernier vainqueur du VG, Armel Le Cléac'h, lauréat de La Solitaire en 2003 et 2010, ou d'autres Jean Le Cam, Yann Eliès, ou Jérémie Beyou, pour s'en tenir aux exemples récents. Les deux derniers seront d'ailleurs de retour cette année.

«Avec le très bon niveau qu'il y a, si je termine dans la première moitié du classement je serai déjà satisfaite», souligne Justine Mettraux. «Ceux qui gagnent sont ceux qui adoptent les bonnes stratégies, notamment en connaissant bien les plans d'eau, mais les meilleurs sont aussi capables de faire avancer leurs bateaux plus vite que les autres sous certaines allures. Mon objectif sera de naviguer le plus proprement possible pour ne pas commettre d'erreurs. Comme les écarts sont souvent très serrés, on peut tout perdre, mais aussi se refaire très vite. Une seule étape peut suffire à faire la différence.»

Seulement 1h30 de sommeil en une journée

La bonne performance a aussi un prix: le sacrifice de beaucoup d'heures de repos pour constamment faire avancer son voilier à la meilleure allure possible. «Contrairement au Vendée Globe, où il y a moins besoin de barrer, ces bateaux (ndlr: des Figaro Bénéteau de 10m, tous identiques) naviguent assez mal sous pilote automatique. Donc oui, on dort peu. Environ 1h30 de sommeil par tranche de 24h, à coup de périodes de 5 à 15 minutes au maximum.» Pour s'y préparer, Justine Mettraux assure avoir fait de son mieux pour se reposer autant que possible en amont. «Je suis plus sereine que l'année passée. Je suis beaucoup plus au fait des diverses procédures à suivre, liées à cette course.» Ce dimanche dès 14h, c'est en pleine confiance qu'elle s'élancera à bord de son monocoque «TeamWork» à l'assaut de La Solitaire.

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