Actualisé 06.08.2008 à 18:27

«C'est le moment idéal pour amortir la dette de la Confédération»

Les comptes 2008 de la Confédération s'annoncent supérieurs aux prévisions mais la nouvelle ne surprend pas les partis. Pour le PDC et le PRD, la priorité va à l'amortissement de la dette.

PS et Verts ne s'y opposent pas mais ne veulent plus de coupe dans le social.

Ces bénéfices qui s'accumulent peuvent permettre de réduire la dette, reconnaît mercredi le conseiller aux Etats Alain Berset (PS/FR), interrogé par l'ATS. «Mais il ne faut pas diaboliser la situation. Les finances de la Confédération sont excellentes et dire le contraire serait intellectuellement faux».

Pour le Fribourgeois rien ne justifie donc de nouvelles coupes dans les assurances sociales. Et «je n'ai aucune compréhension pour un Parlement qui refuse un programme de retraite flexible alors que nous aurions les moyens de le faire».

Même son de cloche chez les Verts. Oui au remboursement de la dette mais pas avec la totalité de cet argent, défend le conseiller national Daniel Vischer. Pour le Zurichois, il faut investir dans «l'avenir du pays, la formation et les transports publics» et ne plus lancer de mesures d'économies notamment dans le domaine de l'écologie.

Rembourser avant tout

«Gare à ceux qui voudraient obtenir cet argent», avertit pour sa part Christophe Darbellay. Depuis une dizaine d'années, la Confédération a accumulé des dettes qu'il faut rembourser. Ce n'est donc pas le moment de faire des demandes pour toucher une partie de cet argent, poursuit-il.

Même topo du côté du PRD. «C'est le moment idéal pour étendre l'amortissement de la dette aux dépenses extraordinaires», estime Stefan Brupbacher, secrétaire général du parti.

Ces chiffres démontrent que le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a les finances bien en main, poursuit M. Brupbacher. Et d'ajouter que sa politique, basée sur la prudence, est «un franc succès».

Idem année après année

L'avis n'est pas partagé par Alain Berset: ces mauvaises estimations se répètent depuis quatre ans: «ça commence à faire beaucoup!», grogne-t-il.

Certes la prudence du grand argentier explique cet écart mais ce n'est pas tout, tempère Christophe Darbellay. La bonne conjoncture y est aussi pour quelque chose.

Nuages à l'horizon

La bonne situation économique a effectivement permis d'importantes rentrées fiscales, acquiesce la secrétaire générale ad intérim de l'UDC Silvia Bär. Mais des nuages apparaissent à l'horizon, met-elle en garde.

Au regard de l'évolution de la conjoncture mondiale et suisse, surtout dans le secteur financier, «il faut maintenant se serrer la ceinture», ajoute Mme Bär. Dans sa ligne de mire: le budget 2009 de la Confédération et la planification financière. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!