Pilotage automatique: «C'est ma voiture qui me conduit au travail»
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Pilotage automatique«C'est ma voiture qui me conduit au travail»

Martin Spieler faisait partie des 27 premiers propriétaires d'une Tesla en Europe. À présent, le bolide de ce Bernois trouve et suit sa route autour du lac de Thoune en parfaite autonomie.

par
Mira Weingartner
Malgré l'auto-robot, le conducteur doit laisser ses mains sur le volant pendant tout le trajet.

Malgré l'auto-robot, le conducteur doit laisser ses mains sur le volant pendant tout le trajet.

photo: Kein Anbieter/DR

Le volant de l'auto de Martin Spieler, de Merligen (BE), est-il entre les mains d'un fantôme? Sa voiture électrique Tesla est équipée du tout dernier système automatique de pilotage conçu dans la Silicon Valley, aux États-Unis. Martin Spieler, âgé de 53 ans, tapote deux fois sur le levier du régulateur de vitesse et son Model S se met à suivre la voie de circulation sans la moindre intervention humaine. «En fait, je n'aurais rien à faire du tout. La voiture pourrait me conduire au travail toute seule», affirme le Bernois.

Ainsi, même l'itinéraire sinueux qui longe la rive droite du lac de Thoune ne pose aucun problème à l'ordinateur de bord de sa berline P90D de couleur argent. Si un objet ou un obstacle se dresse sur sa route, le véhicule freine et s'arrête à temps grâce à des senseurs. Cette voiture de sport luxueuse poursuit son chemin quand bon lui semble et à une vitesse parfaitement adaptée.

Le système robot de l'auto pas aussi performant que l'humain

Le système robot de l'auto, par l'intermédiaire de son grand écran, rappelle toutefois que la prudence est de mise: le conducteur doit laisser ses mains sur le volant pendant tout le trajet. «Malgré le système de guidage automatique, il doit se sentir responsable de tous les aspects de la conduite de la voiture», nuance Martin Spieler.

Ce CEO d'une entreprise d'électricité de Thoune n'accorde pas encore toute sa confiance à l'ordinateur de bord. Martin Spieler: «Ce robot n'est pour l'heure de loin pas aussi performant qu'un intellect humain.» Par exemple, les senseurs du véhicule ne perçoivent pas les personnes qui attendent au passage pour piétons. L'auto roule parfois sans discernement – et donc sans ménagement – sur les petits cailloux qui jonchent la route.

La voiture sort toute seule du garage

En raison de ces quelques lacunes, Martin Spieler préfère pour l'instant conserver la maîtrise directe et totale de son auto, dont le prix avoisine 130'000 francs. La voiture électronique américaine propose encore d'autres éléments de luxe high-tech: pendant que Martin Spieler est encore en train de boire son café matinal dans sa maison sise au bord du lac de Thoune, son véhicule est déjà en train de sortir de son garage privé pour aller l'attendre devant la porte de la maison. L'entrepreneur «télécommande» sa Tesla à l'aide d'une application – «Tout est contrôlé à distance et peut être programmé d'avance.»

Le système électronique mis au point dans les usines américaines de Tesla Motors est le nec plus ultra de ce que l'industrie automobile est en mesure de proposer à l'heure actuelle, assure Martin Spieler. Mais la «machinerie électronique» n'est pas la seule chose qui enthousiasme cet homme d'affaires. Un autre «argument», en particulier, l'a séduit: la très faible empreinte écologique de la voiture. «Vu que j'ai à la maison ma propre installation solaire et une borne de recharge qui lui est reliée pour ma Tesla, je pollue très peu l'environnement», se réjouit Martin Spieler, dont l'entreprise, à Thoune, est spécialisée dans le montage d'installations solaires.

«J'ai soutenu ce changement dès le début»

Martin Spieler se sent bien dans ce rôle de pionnier: «Tesla va révolutionner la branche automobile – convaincu, j'ai soutenu ce changement dès le début.» Ainsi, en 2013, il figurait au nombre des 27 premiers propriétaires d'une Tesla en Europe. Il a aussi fait le voyage jusqu'au siège principal de Tesla, à Palo Alto en Californie, pour rencontrer son fondateur, Elon Musk, en personne. Sans succès, malheureusement.

Mais Martin Spieler est sûr d'une chose: «Dès 2020, une grande partie de la population conduira des voitures électriques de ce genre.» Passé l'achat du véhicule, les frais d'entretien sont nettement moins élevés que pour les voitures de tourisme diesel ou à essence. Et, dans les prochaines années, même les routes seront adaptées aux besoins des voitures à pilotage automatique de dernière génération.

Voici le reportage vidéo, en allemand, de nos collègues de «20 Minuten»:

L'Energy Challenge 2016 est une campagne nationale lancée par Suisse énergie et l'Office fédéral de l'énergie. Elle traite des sujets liés à l'efficience énergétique et aux énergies renouvelables. En tant que partenaire média, «20 minutes» se penchera sur la thématique durant six mois avec des graphiques, des reportages et des interviews.

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