Concerts à Genève: «C'est peut-être le dernier tour d'Indochine»
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Concerts à Genève«C'est peut-être le dernier tour d'Indochine»

Le groupe tricolore investira l'Arena le jeudi 12 et vendredi 13 décembre 2013. Ce sera peut-être ses derniers concerts dans la cité de Calvin explique son leader Nicola Sirkis.

par
Julien Delafontaine
Nicola Sirkis (bras croisés) est le dernier membre originel du groupe.

Nicola Sirkis (bras croisés) est le dernier membre originel du groupe.

Depuis février 2013, en France, en Belgique et au Canada, Indochine donne son «Black City Tour» quasi à guichets fermés. Le public assiste à un spectacle hors du commun. À mi-tournée, petit bilan intermédiaire avec le leader de la formation.

Nicola Sirkis, comment se passe cette tournée?

On nage en pleine folie et magie. La qualité du show fait l'unanimité dans la presse et pour le public, Indochine donne la meilleure tournée de son histoire.

Qu'est-ce qui vous touche le plus?

Le public. Nos fans «hardcore» sont très critiques. Ils sont souvent nostalgiques des anciennes tournées mais là ils sont emballés. Heureusement car, au niveau technique, on ne pourra pas allez au-delà des prouesses que l'on propose avec ce show.

Quand on est couvert de louanges, qu'éprouve-t-on?

On a envie de faire comme Bob Dylan et sa tournée «Never Ending Tour» qui ne se termine jamais. Mais, même si l'on pourrait jouer et rejouer nos tubes tous les soirs dans un endroit différent, on ne veut pas saturer les gens. Et on sait aussi que de vivre perpétuellement dans l'émotion du succès ne nous conviendrait pas. Tous les membres du groupe ont besoin de redescendre de leur piédestal à un moment donné. On sera donc des rockstars seulement jusqu'en octobre 2014.

Et ensuite, quand reviendrez-vous sous les feux des projecteurs?

Notre grande fierté c'est de pouvoir, depuis 15 ans, à chaque album, proposer des concepts de tournée différents. Je ne sais pas s'il y en aura une prochaine. C'est peut-être notre dernier tour. Pour être honnête, actuellement partout où on joue, on ressent une certaine émotion en imaginant que c'est peut-être la dernière fois que l'on se produit là. On essaie donc de capter un maximum les énergies positives que nous envoient les gens.

Vous annoncez la fin d'Indochine?

Même si l'on est les premiers étonnés de notre forme physique du moment, on reste un vieux groupe. Dans quatre ou cinq ans, est-ce qu'Indochine aura envie de refaire un album, de repartir en tournée? Est-ce que le public aura encore envie de nous voir? Personne ne peut le dire. Aujourd'hui, on donne une tournée que tout le monde a envie de voir. Qui aurait pu l'imaginer il y a 32 ans lorsque l'on a sorti notre premier disque et que la critique nous présentait comme un groupe au succès éphémère. Je ne peux rien promettre ou garantir pour l'avenir...

A quel moment avez-vous imaginé la mise en scène de «Black City Tour»?

Dès la fin de la tournée «Meteors», donc avant même la conception du disque «Black City Parade», on a imaginé cette idée d'entourer le public par une toile circulaire de 360 degrés. Cela nous a pris six à huit mois pour étudier les faisabilités techniques et financières de cet écran géant de 112 mètres de long et 8,70 mètres de haut. C'est drôle car une mise en scène de spectacle se conçoit comme un puzzle. On l'imagine pièce par pièce sans savoir quelle sera la prochaine ni surtout la gueule du puzzle une fois terminé.

L'improvisation existe-t-elle encore dans vos concerts?

Complètement. Ce n'est pas une mécanique figée. Pour preuve, nos setlists varient d'une salle à l'autre. Bien sûr, il y a un début et une fin avec des ordinateurs qui gèrent les lumières et les projections à certains moments clés. Mais sur les deux heures et demie que dure le show, il reste beaucoup de place pour les improvisations. Lorsque je m'adresse au public, par exemple, rien n'est jamais prévu d'avance.

Au début de l'année 2013, vous étiez anxieux lors de la présentation de votre album «Black City Parade». Aujourd'hui vous, ça va mieux?

Quant on présente un disque, on est dans l'inconnu. Encore plus lorsque le business musical mise tout sur le rap et le r'n'b. On n'a pas de maison de disque qui nous dicte ce que l'on doit faire. Alors évidement que l'on était tendu car on sait qu'avec une telle liberté de création, on ne nous loupe pas au contour si on se plante. Aujourd'hui, on dit de notre 12e album que c'est le meilleur de notre carrière. Sa tournée cartonne. Pour nous, maintenant, c'est la récréation. On est en vacances. Et notre colonie de vacances se déplace avec 12 camions de matériel et 90 techniciens.

Indochine

Jeudi 12 (complet) et vendredi 13 décembre 2013, dès 18h30. Arena de Genève. Prix: 59 fr. Info: www.opus-one.ch

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