«C'est un bon policier, mais un mauvais manager!»
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«C'est un bon policier, mais un mauvais manager!»

GENEVE – Le chef de la police judiciaire est écarté. On lui reproche d'avoir tu une histoire de partouze et de violence policière.

Mario Chevalier est rétrogradé: «On lui proposera une tâche à la hauteur de ses compétences», dit d'emblée Laurent Moutinot, président du Département des institutions. Jusqu'à nouvel avis, le poste sera assuré par Roland Trombert, le remplaçant de Mario Chevalier. L'audit, dévoilé hier dans Le Matin et présenté le même jour à la presse, est consternant. On y évoque une partouze filmée dans les locaux de l'Hôtel de police, une affaire de brutalité sur un individu menoté, deux cas couverts par un chef «qui n'a pas su immédiatement sanctionner des comportements inadmissibles», souligne Monica Bonfanti, cheffe de la police.

D'autres policiers étaient au courant de ces dossiers chauds. Personne n'a bougé. Quant à l'ancien chef de la police, Urs Rechsteiner, «il n'était pas au courant», affirme Monica Bonfanti. Pour remplacer M. Chevalier, une procédure stricte sera mise en place. Le profil du futur candidat? «Un universitaire, un juriste ou un criminaliste doté de capacités de commandement.» Tel serait le souhait des policiers auditionnés par Bernard Ziegler, l'auteur de l'audit. La réaction des syndicats ne s'est pas fait attendre. Pour Marc Gygli, président du SPJ, l'audit contient des erreurs. «Il est dirigé. Il fallait déboulonner Mario Chevalier.» Le document donne une image catastrophique de la police. Une assemblée générale aura lieu prochainement.

Shahïn Ammane

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