Actualisé 30.06.2008 à 07:59

«C'est un moment historique pour les dirigeants africains»

Peu satisfaite du président sud-africain Thabo Mbeki, l'opposition zimbabwéenne demande qu'il soit secondé dans ses efforts de médiations.

Elle accuse M. Mbeki de complaisance à l'égard du régime de Harare.

«C'est un moment historique pour les dirigeants africains», a déclaré George Sibotshiwe, un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), interrogé par la radio publique sud- africaine SAFM avant l'ouverture du sommet de l'UA à Charm-el- Cheik.

«Nous attendons simplement qu'ils reconnaissent que les élections du 27 juin étaient une imposture et qu'ils nomment un envoyé spécial pour assister le président Mbeki», a-t-il ajouté. Ensemble les deux hommes pourront «assurer une médiation permanente entre nous et la ZANU-PF», le parti au pouvoir au Zimbabwe.

«Mécontents» de Mbeki

Dimanche, le président sortant Robert Mugabe a été proclamé vainqueur d'un simulacre de présidentielle où il était seul en lice après le retrait du leader du MDC découragé par la répression. M. Mugabe a immédiatement été investi et s'est ensuite envolé pour l'Egypte.

En mars 2007, la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) avait chargé le président Mbeki, qui a toujours prôné une «diplomatie discrète» chez son voisin, d'une mission de médiation au Zimbabwe. Le MDC l'a souvent accusé de complaisance et a demandé à plusieurs reprises sa révocation.

«Nous sommes mécontents du rôle joué par M. Mbeki, mais les pays de la SADC le considère toujours comme le médiateur. Nous sommes prêts à trouver un compromis avec un médiateur de la SADC soutenu par un envoyé permanent de l'UA», a précisé M. Sibotshiwe. Selon lui, «la crise s'est tellement aggravée qu'elle dépasse désormais la SADC et nécessite la participation de l'UA.»

Le second tour de la présidentielle, vendredi, avait été précédé d'une vague de violences politiques et le scrutin a lui-même été marqué par des intimidations généralisées. Les observateurs d'Afrique australe et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont dénoncé un scrutin qui «ne reflète pas la volonté du peuple».

(ats)

Mugabe au sommet de l'UA

Le 11e sommet de l'Union africaine (UA) a ouvert ses travaux lundi matin dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh. Le président zimbabwéen Robert Mugabe est présent, en dépit des appels à une condamnation de son régime.

La rencontre des 53 chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation continentale a débuté par l'hymne de cette institution panafricaine, suivi par un discours de l'hôte du sommet, le président Egyptien Hosni Moubarak.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!