Réactions aux excuses de la Suisse: «C'est un scandale, une honte»
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Réactions aux excuses de la Suisse«C'est un scandale, une honte»

Les excuses adressées par Hans-Rudolf Merz à Tripoli ont suscité des réactions très diverses.

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tpi/mac

«C'est un scandale, une honte, je suis choqué, s'exclame Oskar Freysinger. Comment peut-on s'excuser devant un homme qui fait sauter des avions?». Le Conseiller national UDC ne cache pas sa colère face aux excuses présentées par Hans-Rudolf-Merz à la Libye. «Ces gens ne comprennent que la force, et l'on ne peut pas se permettre de négocier en position de faiblesse». Le Valaisan compte d'ailleurs bien réagir, «je demanderai des comptes au gouvernement à la session parlementaire de septembre».

Son collègue de parti et vice-président de l'UDC suisse, Yvan Perrin, a une réaction plus modérée. «La vraie question était moins de savoir si, que quand ces excuses interviendraient, admet-il. Ce n'est pas une bonne chose, mais c'était une étape inévitable, sinon on pouvait faire une croix sur les otages». Et sa critique envers le Conseil fédéral reste mesurée. «Il est difficile de négocier dans le cadre d'un État de droits lorsque l'on traite avec quelqu'un qui ne respecte pas ces règles».

Le jeune député neuchâtelois socialiste, Baptiste Hurni, à l'origine du site internet kadhafi.ch se dit inquiet et attristé des excuses de la Suisse : «En s'excusant, la Suisse admet avoir commis une faute. On accepte ainsi le fait que tout être humain n'est pas égal devant la loi. On reconnaît que le fils Kadhafi est quelque part supérieur aux autres êtres humains».

Lorsqu'on lui demande quelles solutions il voyait, il répond : «C'est dur de se prononcer lorsqu'on n'est pas dans la diplomatie. Mais j'aurais privilégié la piste de la pression sur la Libye avec l'aide à des pays amis. Mais la Suisse n'a même pas demandé cette aide».

Le président du PDC suisse Christophe Darbellay se veut lui prudent. «Si j'ai fait une bêtise je m'excuse. Mais si la procédure est en ordre, il n'y a pas lieu de se mettre à genoux». Le Conseiller national attend donc les résultats de l'enquête qui devra faire la lumière sur les conditions de l'arrestation des époux Kadhafi avant de se prononcer.

La conseillère nationale libérale genevoise Martine Brunschwig Graf s'est exprimée sur les ondes de la RSR : «Ca m'étonne qu'on donne des excuses avant d'avoir demandé la mise sur pied d'un tribunal arbitral […] Il n'y a pas de bonne solution. Ce qui est en train de se passer, c'est que ça met fin à la détention de deux personnes».

Stéphane Rossini, conseiller national socialiste (VS) a conclut l'émission Forum de la RSR par ces mots : «Restons humbles devant cette situation qui se termine bien».

Quant à la police genevoise, elle ne souhaite pas communiquer pour le moment. Elle attend le message officiel de Berne avant de prendre position.

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