Actualisé 23.10.2012 à 12:16

Affaire Savile

«C'est une affaire d'une profonde gravité»

George Entwistle, a jugé mardi «très graves» les allégations d'abus sexuels commis par l'un des animateurs vedettes de la télévision publique britannique, aujourd'hui décédé.

Jimmy Savile était une véritable idole pour les adolescents, au faîte de sa gloire dans les années 60-80.

Jimmy Savile était une véritable idole pour les adolescents, au faîte de sa gloire dans les années 60-80.

Il était entendu devant la commission médias de la Chambre des Communes.

«C'est une affaire d'une profonde gravité et on ne peut s'y pencher qu'avec un sentiment d'horreur», a-t-il déclaré. Parallèlement, M. Entwistle a indiqué que la «confiance et la réputation» du groupe audiovisuel s'en trouvaient entachées.

«Il n'y a aucun doute sur le fait que (...) la culture et les pratiques de la BBC semblent avoir permis à Jimmy Savile d'agir comme il l'a fait, et ceci soulèvera des questions sur la confiance et la réputation dont nous bénéficions. Il n'y a aucun doute là- dessus», a admis M. Entwistle devant dix députés, membres de la commission parlementaire pour la culture, les médias et les sports.

M. Entwistle, qui a pris ses fonctions voici un mois, mais qui compte 23 ans d'ancienneté à la BBC, s'est inquiété du fait que «ces activités se sont poursuivies pendant si longtemps sans être détectées».

Il a admis «un problème culturel» appartenant au passé à la BBC, au temps où Jimmy Savile était une véritable idole pour les adolescents, lui qui était au faîte de sa gloire dans les années 60- 80, mais aussi un philanthrope qui a contribué à recueillir des millions de livres sterling dans le cadre d'activités caritatives.

Prié de dire par l'un des députés si les abus sexuels d'enfants et de jeunes femmes étaient une pratique très répandue à la BBC, M. Entwistle, a répondu: «Je ne dispose pas de toutes les données pour savoir si c'était endémique.»

Révélations

Mais dans l'entreprise, les langues commencent à se délier. D'anciens collègues de Jimmy Savile ont indiqué que les rumeurs sur le goût de l'animateur pour les très jeunes filles circulaient depuis longtemps. D'autres ont évoqué une véritable «culture d'entreprise» à la BBC, où les femmes échappaient difficilement aux attouchements. Ils ont ajouté que Jimmy Savile n'était pas la seule vedette de la chaîne a être impliquée dans ces pratiques.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a jugé lundi que la BBC devait s'expliquer clairement, à la fois sur l'affaire Savile et sur son traitement éditorial par la chaîne. Chaque foyer britannique équipé d'une télévision paie une redevance annuelle de 145,50 livres (environ 215 francs) qui finance le fonctionnement de la BBC. Certains ont remis en cause le montant de cette taxe dans un contexte économique difficile pour les médias privés.

Six décennies

Jimmy Savile, décédé en 2011 à 84 ans, a animé durant longtemps sur la BBC l'émission musicale «Top of the Pops» et «Jim'll Fix it», un talk-show très populaire. Il est accusé d'avoir abusé sexuellement de mineures pendant près de six décennies. Certaines jeunes filles, agressées parfois dans les locaux de la BBC, avaient 12 ans.

La police enquêtant sur l'affaire Savile a indiqué que plus de 200 victimes potentielles de l'animateur s'étaient fait connaître.

L'affaire, qui fait grand bruit en Grande-Bretagne, a provoqué lundi la mise à l'écart d'un rédacteur en chef qui avait empêché l'année dernière la diffusion d'un sujet sur Jimmy Savile. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!