Actualisé 01.12.2017 à 05:49

Harcèlement au PDC suisse«C'est une affaire privée pour l'instant»

Le conseiller national valaisan Yannick Buttet, empêtré dans une affaire de harcèlement, a demandé sa suspension à la vice-présidence du parti.

de
Christine Talos

La réaction du président du PDC Gerhard Pfister.

Rien ne va plus pour Yannick Buttet. Suite aux révélations mercredi soir du Tempsd'une plainte pénale déposée contre lui, le conseiller national valaisan a demandé ce jeudi sa suspension immédiate en tant que vice-président du PDC suisse.

La présidence du parti a accepté cette demande qui entre en vigueur avec effet immédiat, a-t-il fait savoir dans un communiqué. Pour le PDC, «toute atteinte à l'intégrité d'autres personnes est inacceptable», ajoute-t-il.

Pour le porte-parole du PDC romand, Michaël Girod, cette suspension est dans l'ordre des choses. «Du moment qu'il y a une plainte pénale, il n'y a pas d'autre choix et la démarche de Yannick Buttet est logique», explique-t-il. Raison pour laquelle le PDC a accepté sa demande. Quant à savoir si cette affaire peut causer du tort au parti, il reste très prudent: «qu'un vice-président soit suspendu, ce n'est pas positif, c'est sûr», avance-t-il. Mais il faudra voir comment la situation va évoluer, estime-t-il.

Yannick Buttet va-t-il être contraint à démissionner? Le président du parti Gerhard Pfister estime que la suspension est pour le moment la meilleure des réactions. «Tout le reste devra être discuté avec l'intéressé, le parti cantonal valaisan et bien sûr la direction du PDC», dit-il dans le Tages-Anzeiger.

Le PDC du Valais romand sous le choc

Quant au PDC du Valais romand, il est sous le choc. «Le comportement qui est décrit dans Le Temps ne correspond pas du tout à l'image que j'ai de Yannick Buttet, que je connais depuis longtemps. Je n'ai pas non plus été témoin de tels comportements», a indiqué son président Serge Métrailler à l'ats. Mais si les actes inappropriés à l'encontre de femmes décrits dans l'article sont avérés, ils sont «inexcusables, et cela quelle que soit l'appartenance politique d'un élu», souligne-t-il.

Pour l'heure, le président du PDCVR tente de digérer ces nouvelles «désolantes». Il ne parle pas d'exclure Yannick Buttet de ses rangs et rappelle l'importance de la présomption d'innocence.

Liaison extra-conjugale

Le Temps a révélé que le politicien valaisan faisait l'objet d'une plainte pénale après avoir été interpellé courant novembre par la police dans le jardin à Sierre d'une femme qui aurait été sa maîtresse pendant 18 mois. Leur aventure était terminée depuis une année. Mais Yannick Buttet l'aurait sollicitée depuis à de nombreuses reprises par sms, e-mails et téléphone.

Par ailleurs, plusieurs journalistes et politiciennes à Berne ont également décrit des gestes inappropriés et même des «pulsions sexuelles incontrôlées», en particulier quand le conseiller national est sous l'emprise de l'alcool.

Interrogé par le journal, Yannick Buttet a reconnu les faits, expliquant sortir d'une «grave crise conjugale qui a affecté son jugement et son comportement». Il a adressé en outre ses excuses «à toutes les personnes qu'il aurait pu blesser involontairement».

Néanmoins, interrogé jeudi par Le Matin, il a indiqué qu'il ne démissionnerait pas de son poste de conseiller national, tant qu'il n'était pas condamné. Il indique également envisager de déposer plainte pour violation du secret de fonction, car le rapport sur la plainte a fui.

Gêne à Collombey-Muraz

Yannick Buttet est également président de la commune de Collombey-Muraz, dans le Chablais valaisan. Et le vice-président, Olivier Turin, est très emprunté pour s'exprimer sur cette affaire. «C'est une affaire privée pour l'instant», souligne-t-il sans vouloir en dire davantage. «Mais j'espère surtout qu'elle ne portera pas préjudice à la commune».

Quant à savoir si le politicien devrait être suspendu de ses fonctions, à l'image de la situation au PDC, il se montre très prudent: «Nous aurons une séance du conseil ce jeudi soir et la question sera sûrement à l'ordre du jour. Nous verrons donc ce qu'il en ressort.»

L'humoriste Thomas Wiesel s'est en tout cas déjà lancé dans une réaction incendiaire:

Un homme connu pour ses positions sur le mariage

Yannick Buttet est conseiller national PDC, président de la commune de Collombey-Murat et officier de l'armée suisse. Il est marié et père de deux enfants. A Berne il est connu notamment pour son combat en faveur du mariage traditionnel et contre l'union des couples homosexuels.

A noter que c'est la première fois qu'un élu suisse fait l'objet d'accusations de harcèlement sexuel depuis l'éclatement de l'affaire Weinstein au début du mois d'octobre aux USA.

En revanche, ce n'est pas le première fois qu'une affaire privée secoue la présidence du PDC. Il y a une année, en pleine campagne pour la course au gouvernement valaisan, l'ex-président du parti Christophe Darbellay reconnaissait avoir eu une relation extra-conjugale «d'un soir» de laquelle était né un enfant.

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