Actualisé 19.01.2012 à 17:08

Cuche à la retraite«C'est une grosse page qui se tourne»

Didier Cuche a annoncé qu'il prendra sa retraite au terme de cette saison. Les réactions dans le monde du cirque blanc.

de
Marc Fragnière, Kitzbühel

Bernhard Russi (S), champion olympique de descente en 1972 à Sapporo: «Ce n'est pas une surprise. C'était prévisible et ce n'est pas une catastrophe pour l'équipe de Suisse dans la mesure où c'était attendu. Didier Cuche a 37 ans. On se doutait bien que sa fin de carrière était proche. Ce serait faire injure au reste du groupe de vitesse que de dire que son départ va créer un grand vide. On a vu qu'on dispose d'un ensemble, tout à fait apte à digérer la prochaine absence de Didier Cuche. Ce qui va vraiment manquer, ce sont les mille points qu'il pouvait potentiellement apporter au classement par nations. Didier Cuche est un perfectionniste. Sa descente l'an dernier à Kitzbühel a frôlé la perfection. On va beaucoup la revoir ces prochains temps. Par le passé, Franz Klammer, puis Stephan Eberharter s'étaient livrés à des démonstrations, mais là, la performance de Cuche était encore d'un autre niveau.»

Patrice Morisod (S), ancien entraîneur de Didier Cuche, actuel entraîneur du groupe vitesse de l'équipe de France: «C'est une grosse page qui se tourne. Didier est une figure marquante des dix dernières années. Comme d'habitude, il a fait tout juste. Il a pris la bonne décision, au bon endroit, au bon moment. C'est très intelligent de sa part. Je lui tire un gros coup de chapeau pour l'ensemble de son œuvre. Il va manquer dans le paysage du sport – non seulement suisse - mais aussi international.»

Piero Gros (It), champion olympique de slalom en 1976 à Innsbruck:

«Lorsqu'un athlète comprend que le ski ne lui apporte plus toutes les satisfactions, il est temps de passer à autre chose. C'est la tête qui doit décider. Le corps peut être en pleine forme, mais la tête décide. Est-ce qu'on veut toujours prendre autant de risques? Est-ce qu'on veut toujours tout donner pour le ski? Didier s'est sans doute posé ces questions. Et il a pris la bonne décision! Son palmarès est incroyable. Tout le monde aimerait en posséder ne serait-ce que la moitié! En somme, il ne lui manque que l'or olympique.»

William Besse (S), vainqueur du Lauberhorn en 1993: «C'est une page qui se tourne. C'est un peu bizarre de sa part d'annoncer cela ici, dans ce timing. Mais on peut le comprendre. Kitzbühel est son royaume. Son palmarès sur la Streif est exceptionnel. Il ne peut l'annoncer qu'ici! Au-delà de ses victoires, sa personnalité m'a toujours beaucoup interpellé. J'apprécie énormément ses qualités. Son humour, son franc parler m'ont toujours beaucoup plu.»

Osi Inglin (S), chef alpin des messieurs: «Didier m'a fait part de sa décision hier soir. Ce n'était pas une surprise pour moi. On avait discuté ensemble ce printemps et on avait parlé que de la saison à venir. On n'avait tiré aucun plan pour la suite de sa carrière. A Wengen, alors que tout le monde avait quitté l'aire d'arrivée, j'ai vu dans ses yeux que c'était la dernière fois qu'il était là. Il me faut maintenant réfléchir à comment rééquilibrer le groupe. Didier Cuche a toujours été un modèle pour les autres athlètes. C'est un homme de partage dont l'expérience et les conseils profitent à tout le monde. On perd une locomotive. En tant que coach j'ai beaucoup appris à son côté. Lorsque j'ai accepté de remplacer Martin Rufener, en février dernier, il était important pour moi de pouvoir compter sur l'appui de Didier Cuche durant cette transition.»

Marco Büchel (Lie), vainqueur de quatre courses de Coupe du monde: «Je comprends sa décision, même si elle m'a un peu surpris. Il a l'âge d'arrêter. Comme il l'a dit: son corps et son envie le pousseraient à continuer jusqu'à 60 ans, mais sa tête dit stop. L'an prochain, s'il vient ici, ça va lui faire bizarre de ne pas s'élancer. L'an dernier, j'ai presque pleuré de voir les autres au départ et d'être confiné au rôle de spectateur. Les émotions que procurent un jour à Kitzbühel en tant qu'athlète professionnel, tu ne les trouves pas en un an de vie d'une personne normale. Si j'ai un conseil à lui donne? Oui! Fais quelque chose de spécial lors de ta dernière course Didier! Et puis, inscrits-toi un marathon! Comme moi à New York.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!