Tibet, 50 ans après: «Ça représente un demi-siècle de combat non-violent»
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Tibet, 50 ans après«Ça représente un demi-siècle de combat non-violent»

Près de 1200 Tibétains et amis de la cause tibétaine défilent pacifiquement mardi après-midi dans les rues de Berne, pour marquer le 50e anniversaire du soulèvement.

par
Didier Bender

Cinquante ans après le soulèvement populaire tibétaine contre l'occupation chinoise, le 10 mars 1959 à Lhassa, les Tibétains de Suisse manifestent mardi à Berne.

«C'est un jour triste parce que la situation au Tibet n'est pas résolue.» Deki Youdon, 36 ans, habite Genève depuis huit ans. Dans sa voix, il n'y a aucune amertume. Encore moins de désespoir. Car la jeune femme, membre de la communauté tibétaine de Suisse romande, ressent «un très fort soutien de l'opinion publique, en Occident». Même si elle émet un bémol: «Tout le monde condamne la violence mais personne ne soutient la non-violence».

Comme beaucoup de compatriotes de sa génération, Deki Youdon est née en exil, en Inde. Elle n'a connu le Tibet qu'à travers les récits de ses parents. «Ils ont fuit en 1959, à la suite du dalaï-lama», raconte la jeune femme. «Cette lutte, c'est dans la mémoire de chaque Tibétain. Nos parents nous transmettent cela».

En se rendant, mardi après-midi, devant l'ambassade chinoise à Berne, les manifestants souhaitent faire passer un message. «C'est un combat pour la liberté. Pas seulement pour les six millions de Tibétains, mais aussi pour les Chinois qui aspirent à cette liberté et à la démocratie.»

Le combat des Tibétains pour leur liberté a débuté en mars 1959, avec la violente répression de l'armée chinoise contre le soulèvement tibétain. Mars 1959 reste pour les Tibétains en exil, en Inde, au Népal, mais aussi en Suisse, une date marquante. «Il y a une force. On le ressent dans la diaspora tibétaine», souligne Deki Youdon. En Suisse romande, ils sont une petite centaine de Tibétains, contre 5 à 6000 citoyens en Suisse alémanique.

Par le passé, les Tibétains ont entrevu des changements. Des espoirs trop vite balayés par l'armée chinoise et sa répression. «Dans les années 80, sous le régime de Deng Xiaoping, il y a eu des signes d'ouverture», se souvient Deki. «Nous avons observé quelques changements, mais ils ont profité seulement aux populations Han. Pour nous, l'arrivée des Chinois au Tibet, ce n'est pas une libération».

Programme spécial Tibet à Genève

En marge du soulèvement populaire tibétain contre l'occupation chinoise, la communauté tibétaine de Suisse romande organise, avec les associations de soutien basées à Genève, diverses manifestations pour commémorer cet événement.

Infos pratiques: du 10 au 14 mars 2009 à la Maison des Associations, 15 Rue des Savoises, 1205 Genève.

Le dalaï-lama à Lausanne, les 4 et 5 août 2009

Dépêchez-vous. Il reste encore des places pour assister aux séances d'enseignement et d'initiation au bouddhisme dispensées par le chef spirituel des Tibétains, début août à la patinoire de Malley. «Nous avons vendu plus de 4000 abonnements sur les 6000 places disponibles», informe le comité d'organisation. (voir ci-dessus).

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