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Présidentielle française«Ça se joue entre le pire et le moins pire»

Ce dimanche, les Français élisent leur prochain président. De nombreux citoyens sont influencés par le contexte de la guerre en Ukraine et la menace de Vladimir Poutine. Témoignages dans les rues de Paris, ville historiquement peu favorable à l’extrême droite. 

par
Lauren von Beust
(Paris)
Ce dimanche, les Français doivent choisir entre le président sortant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National.

Ce dimanche, les Français doivent choisir entre le président sortant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National.

AFP

Paris, Xe arrondissement, jour de l’élection présidentielle. «Les Français n’ont pas le choix. En fait, ça se joue entre le pire et le moins pire, confie à regret Farid. Que ce soit sur le plan social, économique ou international, Marine Le Pen au pouvoir, ça serait fatal pour la France.» Ce trentenaire, fils d’immigrés algériens, craint le renvoi des étrangers dans leur pays, tout comme un possible retrait de la France de l’Union européenne.

L’Ukraine en toile de fond

Jean-Pierre est du même avis. À la sortie d’un bureau de vote, ce dernier veut faire barrière à l’extrême droite. «Il ne faut surtout pas voter pour Marine Le Pen, elle roule pour Poutine, et ça c’est dangereux», exhorte ce septuagénaire. Il craint que la candidate de l’extrême droite ne fasse alliance avec le président russe, qu’il considère comme un «criminel». 

Katia, franco-russe, parle même du «couple Poutine-Marine». Cette quadragénaire se dit «effrayée» à l’idée que cela puisse devenir réalité en France. 

Pour rappel, mercredi, lors du débat de l’entre-deux tours, le président sortant Emmanuel Macron a accusé Marine Le Pen de dépendre du pouvoir russe, après avoir fait allusion à un prêt de 9 millions d’euros contracté en 2017 par le parti d’extrême droite auprès d’une banque russe. «C’est faux et c’est assez malhonnête», a alors rétorqué la candidate du Rassemblement National, en affirmant qu’aucune banque française ne lui avait accordé de prêt à l’époque et qu’elle n’avait «d’autre dépendance que de rembourser» le sien. 

Les temps forts du débat de mercredi. 

Paris a opté pour Macron au 1er tour

Voter «pour la stabilité du pays»

Pour Alix, la guerre en Ukraine par la Russie, qui fait rage depuis deux mois, l’a influencée dans son choix. «Certes, il y a des tensions dans le pays parce qu’on a traversé plusieurs crises avec Macron; les gilets jaunes et le Covid notamment. Mais ce n’est peut-être pas le moment de changer de président», dit-elle.

Cette trentenaire, qui vit à Berlin le reste de l’année, a mis de côté ses idées politiques «écolos» pour voter «en faveur de la stabilité de la France», au premier comme au second tour des élections présidentielles. «En Allemagne, j’ai rencontré beaucoup de réfugiés ukrainiens et entendu des récits de guerre, desquels ressortait de la souffrance. Aujourd’hui, en France, je pense qu’on ne peut pas se permettre l’incertitude…» Quel que soit le résultat, qui tombera à 20h, la jeune femme s’attend à des manifestations de contestation dans les semaines à venir. 

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