Valais: Cadre mis en cause après une tribune médiatique
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ValaisCadre mis en cause après une tribune médiatique

Le chef du service de la formation professionnelle est mis en cause pour avoir ouvertement pris position sur la question du salaire minimum. Il assume totalement.

par
Caroline Gebhard

Le sang des socialistes n'a fait qu'un tour lorsqu'ils ont découvert le texte signé par Claude Pottier dans le magazine de l'Union valaisanne des arts et métiers (UVAM) ainsi que dans «Le Nouvelliste». S'exprimant dans une tribune libre, le chef du Service de la formation professionnelle du canton détaillait les conséquences d'un «oui» à l'initiative cantonale valaisanne sur les salaires minimaux pour les apprentis. Il appelait à rejeter le texte, «au risque d'assister, impuissants, au déclin et à la fin annoncée de la formation duale en Valais et de laisser sans solution et sans perspective d'avenir des centaines, voire des milliers de jeunes.»

«Ce chef de service a clairement dépassé son rôle», déplore Gaël Bourgeois, président du parti socialiste valaisan et auteur d'une interpellation sur le sujet, déposée cette semaine devant le Grand Conseil. «Il n'est pas nommé pour faire de la politique! Un recadrage s'impose.» Le député rappelle, à ce titre, une directive interne de l'Etat du Valais qui stipule que les chefs de service doivent se garder de donner des appréciations d'ordre politique dans les médias. «Monsieur Pottier viole donc de manière flagrante cette directive, en s'immisçant de manière fort peu adéquate, dans une campagne de votation et jugeant les initiants comme faisant preuve de dogmatisme syndical», relève-t-il dans son interpellation.

«Je suis prêt à assumer!»

Interrogé, Claude Pottier reconnaît avoir décidé seul de prendre la parole: «J'ai pris l'initiative de donner des informations objectives sur les incidences de ce vote pour la formation professionnelle». Il explique avoir été sollicité par les opposants à l'initiative afin de livrer une analyse sur les conséquences d'un «oui» le 18 mai. «Nous avons fait les calculs au sein de mon service: cela représenterait une différence de l'ordre de 26 millions de plus par année pour les entreprises formatrices du canton. Le risque existe, à terme, de perdre un quart voire un tiers des places d'apprentissage car les entreprises ne seront plus en mesure d'assumer ces coûts!» Fort de ce constat, le chef de service a accepté de rédiger un texte pour le magazine de l'UVAM, repris ensuite par «Le Nouvelliste». Il ajoute n'avoir réalisé que par la suite qu'il n'était pas autorisé à intervenir. «Je suis prêt à assumer si c'est pour le bien de la formation professionnelle du canton», assure-t-il. Il ajoute n'avoir enregistré aucune réaction jusqu'à l'interpellation déposée par le député socialiste.

Responsable du département de la formation, Oskar Freysinger est resté injoignable, jeudi. Quant à Gaël Bourgeois, il déplore que le bureau du Grand Conseil n'ait pas retenu le caractère urgent de son texte: «Il sera traité après la campagne, ça n'a pas de sens!»

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