Caisse unique: le PS dénonce la controverse sur les modèles
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Caisse unique: le PS dénonce la controverse sur les modèles

Le Parti socialiste (PS) dénonce la controverse artificielle sur les modèles d'application de l'initiative pour une caisse maladie unique.

Le souverain devra uniquement se prononcer sur un changement radical du système de l'assurance maladie de base le 11 mars.

La discussion qui fait rage sur différents modèles de mise en oeuvre n'est pas utile au corps électoral, a affirmé le président du PS Hans-Jürg Fehr lundi lors d'une conférence de presse. On fait croire à tort aux citoyens qu'ils voteront sur un modèle précis.

En réalité, l'initiative populaire pour une caisse maladie et sociale n'entre pas dans les détails. Le peuple pourra donc se prononcer sur la question plus tard, une fois que le Parlement aura fixé le système de financement, a rappelé M. Fehr.

Au secours de la classe moyenne

Malgré ces déclarations, les socialistes ont eux aussi cédé aux tentations du modèle précis. Leur variante, qui prévoit une hausse des primes pour environ 10% des assurés ayant un revenu imposable de plus de 100 000 francs, est désormais disponible sur internet, aux côtés de celle des opposants, sur le site Comparis.

Il s'agit de montrer que la caisse unique peut soulager la classe moyenne et les familles, d'après le PS. En tout cas, dès l'instant où les assureurs, représentés par Santésuisse, ont pris la peine de développer un modèle grevant la classe moyenne, le législateur «sait déjà quel modèle de financement il ne faudra en aucun cas retenir», a lancé Hans-Jürg Fehr.

Sur le modèle de l'AVS

Pour lui, l'essentiel est de corriger les défauts majeurs de l'assurance maladie obligatoire. Et de citer la pseudo-concurrence entre les 87 caisses existantes, qui sont toutes soumises au même catalogue de prestations à rembourser, ainsi que le financement de l'assurance de base.

L'AVS et l'assurance chômage étaient aussi éclatées entre différentes caisses fédératives avant de devenir des assurances nationales, a rappelé le vice-président du PS et conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Aujourd'hui, le peuple doit faire un choix analogue, selon le Vaudois.

Médecine à deux vitesses

La question est de savoir «si nous voulons aller en direction d'une assurance sociale comme l'AVS ou si nous voulons céder définitivement le contrôle du système à Helsana ou au Groupe Mutuel».

En cas de refus de l'initiative, ce sera «cap sur une médecine à deux vitesses», a renchéri la conseillère d'Etat tessinoise Patrizia Pesenti. Les caisses veulent diminuer nettement la liste des prestations remboursées et réclament, de concert avec Pascal Couchepin, l'abolition du libre choix du médecin, selon elle.

Sondage négatif

Les socialistes comptent mettre le paquet pour rattraper le retard accumulé sur les opposants, surtout au sein de l'électorat alémanique, d'après un récent sondage. «On se sent encouragé par les scores positifs prédits en Suisse romande et au Tessin», a dit le président du parti.

Contrairement aux assureurs, qui font de la propagande depuis des mois avec l'argent des assurés, le PS vient à peine de commencer à engager des moyens financiers en faveur d'un «oui», d'après lui. L'engagement du personnel soignant, en grande partie favorable à la caisse unique, sera aussi déterminant.

(ats)

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