Aire-la-Ville (GE): Cambriolages en série et patrouilles villageoises

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Aire-la-Ville (GE)Cambriolages en série et patrouilles villageoises

La localité est sur le qui-vive. Depuis début octobre, villas, appartements, voitures et garages sont dévalisés. Le phénomène s'est intensifié depuis deux semaines. Les habitants s'organisent.

par
Jérôme Faas
Illa, l'épicière d'Aire-la-Ville, Barthélémy Roch, le maire, et Delphine, une cliente.

Illa, l'épicière d'Aire-la-Ville, Barthélémy Roch, le maire, et Delphine, une cliente.

«Tout le monde est sur les dents», résume Illa, l'épicière d'Aire-la-Ville. Depuis début octobre, huit villas du hameau ont été cambriolées, calcule un élu. Les deux dernières intrusions datent du week-end dernier. Mardi, plusieurs voitures ont été fouillées. S'ajoutent à cela les visites d'appartements, de garages. Sans chiffrer le phénomène, la police le confirme.

«C'est terrible, commente Delphine, une cliente du petit commerce. Samedi, une perceuse et un pied-de-biche ont été retrouvés dans une maison. Heureusement, les voleurs n'ont pas eu le temps de sortir le coffre, logé sous une armoire». Illa, elle, raconte qu'un villageois a surpris des intrus chez lui durant la nuit. «Ils lui ont fait signe de bien vouloir gentiment remonter à l'étage.» Maintenant, ajoute-t-elle, les enfants du coin commencent à avoir peur. «C'est un peu la psychose.»

Une patrouille de 20 personnes

Les Aériens guettent dorénavant les véhicules suspects, s'envoient des SMS et, depuis mercredi, effectuent des «rondes de prévention», équipés de lampes de poche et de gilets réfléchissants. Le maire, Barthélémy Roch, a pris part à la première patrouille. «Nous étions une vingtaine, de 21h à 22h30. C'est très bien, ça montre qu'il y a du monde, ça dissuade, mais il ne faut pas que ça dégénère.»

«Un jeu qui ressemble aux années 30»

François, lui, réprouve le procédé. Des voleurs ont pourtant tenté, en vain, de pénétrer dans sa villa. «S'aider entre voisins, OK. Mais là, on joue un jeu qui ressemble gentiment aux années 30. Bientôt, on sillonnera la campagne avec un fusil! Les cambrioleurs, ils cherchent de l'argent et rien d'autre. Personne n'a été agressé ou menacé. je leur en veux, mais je peux les comprendre. On parle d'Africains, de Maghrébins. Mais quand tu n'as rien à donner à bouffer à tes enfants... Tout le monde se donne bonne conscience en donnant 20 francs à Caritas, mais c'est là-bas, sur place, qu'il faut régler le problème.»

La police: «Un risque de dérapage existe»

La police, pour sa part, a déjà intensifié ses patrouilles. Plusieurs habitants l'ont constaté avec satisfaction. Elle organise par ailleurs une séance d'information le 19 novembre. Quant aux rondes, elle les juge avec circonspection. «Un risque de dérapage existe, dit le porte-parole Eric Grandjean. Marcher dans le village et appeler les forces de l'ordre si on repère deux types suspects dans une voiture, d'accord. Mais pour cela, les rondes sont inutiles. Chacun peut le faire. En revanche, si c'est une chasse, cela pose problème.»

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