Actualisé 23.07.2014 à 05:36

Crise en Ukraine

Cameron: faites ce que je dis, pas ce que je fais

Le Premier ministre britannique a critiqué la France qui a vendu des navires militaires à Moscou. Mais un rapport britannique indique que le Royaume-Uni livre toujours des armes à la Russie.

David Cameron a appelé l'Union européenne à proscrire les ventes d'armes à la Russie - accusée d'équiper et de former les séparatistes prorusses en Ukraine - et a affirmé lundi que le Royaume-Uni avait déjà arrêté de telles exportations, comme promis en mars.

Mais un rapport parlementaire publié mercredi met en lumière que 251 licences délivrées par le gouvernement britannique permettant la vente de biens contrôlés pour une valeur globale d'environ 132 millions de livres (quelque 202 millions de francs) sont toujours en vigueur.

Ces licences d'exportation autorisent la vente de fusils de précision, de munitions pour armes légères, de gilets pare-balles, d'«équipement cryptographique», de communication militaire et de vision nocturne, précise le rapport.

Seules 31 licences ont été suspendues ou retirées, et il n'était plus permis que la Russie soit une destination à l'export pour trois autres licences, révèle le rapport.

France visée

M. Cameron avait demandé lundi à l'UE d'adopter des sanctions économiques d'envergure contre la Russie et à cesser toute vente d'armes à ce pays, pointant du doigt celles de la France.

Interrogé spécifiquement sur la vente controversée des navires militaires français de type Mistral à la Russie, David Cameron avait répondu: «Franchement, il serait impensable dans ce pays de mener à bien une commande comme celle qu'ont les Français mais nous devons mettre la pression sur tous nos partenaires pour dire que nous ne pouvons pas continuer à faire des affaires comme si de rien n'était avec un pays, quand il se comporte comme ça».

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait répondu dès le lendemain en ironisant: à Bruxelles, «les Anglais ont été extrêmement aimables entre guillemets, en disant: jamais nous n'aurions fait cela (honorer le contrat, ndlr). Je leur ai rappelé que le principe que j'ai dit existait pour tout le monde, et je leur ai dit aussi: chers amis britanniques, parlons aussi de la finance. J'ai cru comprendre qu'il y avait pas mal d'oligarques russes à Londres».

(afp)

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