Actualisé 13.07.2016 à 12:42

Royaume-Uni

Cameron s'en va sur un conseil à Theresa May

Le Premier ministre actuel, qui doit quitter son poste dans l'après-midi, a conseillé à la future cheffe du gouvernement de rester proche de l'UE.

photo: Kein Anbieter

Quelques heures avant de tirer sa révérence, le Premier ministre britannique David Cameron a conseillé mercredi à Theresa May, qui lui succèdera dans la journée, de rester «aussi proche que possible» de l'Union européenne, malgré le Brexit qu'elle devra mettre en oeuvre.

Theresa May, ministre de l'Intérieur du gouvernement conservateur sortant, âgée de 59 ans, prendra possession mercredi du 10, Downing Street, moins de trois semaines après le vote des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.

Lors de sa dernière séance de questions devant le Parlement, en tant que Premier ministre, David Cameron, de dix ans son cadet, l'a invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l'union. «Nous devons essayer d'être aussi proches de l'UE que possible», a-t-il déclaré, en s'adressant à Mme May qu'il a qualifiée de «brillante négociatrice» et qui sera intronisée dans l'après-midi après que M. Cameron aura remis sa démission à la reine Elizabeth II.

2e femme après Maggie

Mme May se rendra ensuite à son tour auprès de la souveraine et se verra confier le soin de former le nouveau gouvernement que la presse britannique voit déjà beaucoup plus féminin que le précédent, et assorti d'un ministre tout spécialement chargé du Brexit.

Elle deviendra alors la deuxième femme à prendre les rênes d'un exécutif britannique après Margaret Thatcher (1979-1990), à qui certains la comparent parfois.

Réputée pour sa détermination, sa force de travail mais aussi une certaine froideur, Theresa May, une fille de pasteur, hérite d'un Royaume-Uni que le référendum a laissé sens dessus dessous, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l'UE pour que le Royaume-Uni engage au plus vite la procédure de divorce.

«Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès», a assuré Mme May lundi, ne laissant guère d'espoir à ceux qui rêvent de voir leur pays rester malgré tout dans le giron européen.

Une eurosceptique

Cette eurosceptique, qui avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, avait auparavant prévenu qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du Traité de Lisbonne -qui lance le processus de sortie de l'UE- avant la fin de l'année.

Impatients de voir l'exécutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants européens n'ont pas attendu sa prise de fonctions pour présenter leurs doléances. «Il faut maintenant que chacun se mette dans une position qui va consister à défendre les intérêts et de la Grande-Bretagne d'un côté, et de l'autre les intérêts de l'Europe», a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll.

Un «sommet ou une rencontre» sur les suites du Brexit avec le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Matteo Renzi se tiendra fin août en Italie. Faisant écho aux propos de M. Cameron, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit en faveur «de relations aussi étroites que possibles avec le Royaume-Uni».

Scrutée par les marchés

Les premiers jours de la nouvelle Première ministre devraient également être scrutés de près par les marchés, en quête de certitudes après le choc du référendum. «La livre s'est reprise de plus de 4% par rapport à ses plus bas en 31 ans», atteints la semaine dernière, «alors que les marchés célébraient le fait que Theresa May va devenir le nouveau Premier ministre», commentait Hussein Sayed, analyste chez FXTM.

Pour David Cameron, qui avait prôné le maintien dans l'UE, c'est une nouvelle vie qui commence, avec comme ombre un référendum qu'il a lui-même lancé mais dont le résultat a été l'inverse de celui qu'il souhaitait.

Le dirigeant conservateur a remporté deux élections législatives (2010 et 2015), survécu au référendum d'indépendance de l'Ecosse... mais restera pour l'Histoire le Premier ministre du Brexit. «Au moment où je pars, j'espère que tout un chacun verra un pays plus fort», a-t-il déclaré au quotidien Telegraphde mercredi.

Alors que le pays se dote d'un nouveau leader, l'opposition travailliste reste secouée par une profonde crise de leadership, énième répercussion du référendum.

Visé par une fronde de ses parlementaires, le chef du parti Jeremy Corbyn a remporté mardi soir une victoire cruciale contre ses opposants après la décision du comité exécutif du parti de l'autoriser à se présenter lors de nouvelles élections pour la direction du Labour.

Mais cela «ne résoudra pas les problèmes du Labour», estime le tabloïd de gauche Daily Mirror: «Le poison dans les veines du Labour est si toxique que personne ne peut voir une issue harmonieuse». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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