Union européenne: Cameron veut aller au clash pour bloquer Juncker
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Union européenneCameron veut aller au clash pour bloquer Juncker

Le Premier ministre britannique veut contraindre ses collègues de l'UE à se prononcer par un vote sur le nom du futur président de la Commission, s'ils persistent à imposer Jean-Claude Juncker.

David Cameron veut s'opposer à laccession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission par tous les moyens. (photo: AFP)

David Cameron veut s'opposer à laccession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission par tous les moyens. (photo: AFP)

David Cameron, qui considère l'ancien Premier ministre luxembourgeois comme un fédéraliste, un homme du passé peu enclin à mettre en ½uvre les réformes qu'il juge nécessaires, a promis de se battre jusqu'au bout pour lui barrer la route. Selon des sources proches de Downing Street citées par les médias britanniques, David Cameron va d'abord, lors du prochain sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles, demander un report de la décision sur le futur président de la Commission, le temps de trouver un autre candidat, plus consensuel.

Si ses collègues au sein du Conseil européen refusent, il exigera alors un vote des dirigeants des 28 Etats membres de l'UE, une procédure résolument à rebours du consensus habituellement recherché. Alors que David Cameron doit recevoir lundi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, cette ultime tentative de bloquer M. Juncker ressemble à une manoeuvre désespérée, selon plusieurs médias britanniques. Elle intervient alors que les neuf dirigeants sociaux-démocrates dans l'Union européenne ont accordé leur soutien à M. Juncker samedi à Paris, un appui interprété comme un nouveau signe de l'isolement croissant de M. Cameron.

Peu de chance de succès pour Cameron

Un de ses proches a confié au «Sunday Times» que «nos chances de stopper Juncker sont désormais les mêmes que de voir l'Angleterre remporter la Coupe du monde», c'est-à-dire nulles puisque l'Angleterre est déjà éliminée au Brésil. Jean-Claude Juncker a également le soutien de dirigeants conservateurs, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel. Dimanche, la Pologne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a estimé que M. Juncker était le candidat légitime en tant que chef de file du Parti populaire européen de centre-droit (PPE), vainqueur des élections européennes en mai.

«C'est ça la démocratie», a déclaré Radoslaw Sikorski à Sky News. Les dirigeants européens ont jusqu'à présent toujours nommé entre eux le président de la Commission, mais les nouvelles règles leur imposent de «prendre en compte» les résultats des élections européennes. Opposé à ce processus de désignation, David Cameron est sous forte pression en Royaume-Uni où il doit composer avec une opinion publique eurosceptique et une presse tabloïd agressive à l'encontre de M. Juncker, encore dépeint dimanche par le «Daily Mail» comme «l'ivrogne qui prend du cognac au petit-déjeuner».

Personnellement favorable à un maintien dans une UE réformée, le Premier ministre britannique s'est engagé à renégocier les termes de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE avant d'organiser ensuite, s'il est réélu en 2015, un référendum d'ici fin 2017 sur une sortie de l'Europe. Un sondage pour «The Observer» dimanche indique que, en l'état actuel des accords, 48% des Britanniques voteraient pour une sortie de l'Europe, et 37% contre. Si en revanche David Cameron parvenait à imposer des réformes, ils ne seraient plus que 36% à voter pour une sortie, et 42% contre. (20 minutes/afp)

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