Actualisé 10.01.2012 à 14:32

Votations Campagne lancée pour Franz Weber

L'écologiste a débuté sa campagne en vue de la votation du 11 mars pour limiter la construction de résidences secondaires et préserver les paysages. La droite critique.

La Confédération aura les moyens d'imposer des règles aux communes, a estimé Franz Weber lors du lancement de campagne, le 10 janvier à Berne.

La Confédération aura les moyens d'imposer des règles aux communes, a estimé Franz Weber lors du lancement de campagne, le 10 janvier à Berne.

Pour Franz Weber, l'initiative populaire «pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» doit sauver le sol suisse. Le texte, abouti en 2007, veut limiter à 20% la proportion maximale de maisons et appartements de vacances par commune.

«Veut-on un paysage recouvert de maisons du lac de Constance à Genève et des paysages de montagne défigurés par les constructions?», a clamé Franz Weber en ouverture de la conférence de presse organisée par son association Helvetia Nostra.

Lutter contre la pression économique

L'initiative propose des mesures pour lutter contre la pression économique, environnementale et sociale dans les zones touristiques. Dans environ un quart des communes, la part de résidences secondaires dépasse déjà les 20%. C'est notamment le cas dans les Grisons, le Valais, le Tessin et les Alpes bernoises et vaudoises, selon Helvetia Nostra.

Hausse des loyers

Huit mille résidences secondaires sont construites chaque année, dont 5000 en région de montagne. Cette inflation conduit également à une hausse des loyers insupportable pour les habitants de ces régions.

«Il faut arrêter cette spirale», a déclaré Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement. Le pays a besoin de logements pour ses habitants et de paysages intacts qui font la force du tourisme suisse.

«L'initiative vise à donner un instrument clair à la Confédération pour limiter le grignotement du territoire par des spéculateurs», estime-t-il. Le Parlement a bien adopté une révision de la loi sur l'aménagement du territoire qui va dans le sens de l'initiative. Mais elle ne donne pas les moyens d'agir contre la sur-construction.

Moyens limités

L'initiative ne vise pas les résidences ou chalets déjà construits et, à la différence de la Lex Koller, n'est pas dirigée contre les ressortissants étrangers. Le comité d'initiative dispose de peu de moyens, a reconnu la fille de Franz Weber, Vera. Mais il a le soutien du PS, du PEV, des Verts et de plusieurs associations dont notamment Pro Natura et ASPO/Birdlife.

Contre le fédéralisme et le tourisme

La droite y est en revanche plutôt opposée, notamment les milieux du tourisme. Pour l'Association suisse des propriétaires fonciers, la loi révisée est suffisante dans le sens où elle oblige les communes à intervenir d'ici 2014, tout en leur laissant la liberté de choisir quelle mesure prendre. Avec sa limite sans nuance à 20%, l'initiative met en revanche à mal l'autonomie communale.

Pour les communes touristiques de montagne, les conséquences économiques seraient graves, ajoutent les propriétaires dans un communiqué. Ainsi les résidences secondaires représentent jusqu'à 10% du Produit intérieur brut (PIB) cantonal dans les Grisons, et même 12,5% en Valais, précise le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB), lui aussi opposé à l'initiative.

Effet pervers

Selon le SAB, le texte de Franz Weber a même des effets pervers. Alors que les communes dépassant déjà 20% de résidences secondaires ne pourront plus en construire, d'autres auront cette liberté, favorisant d'autant le mitage du territoire plutôt que le regroupement des activités touristiques, écrit le SAB dans un communiqué.

Réagissant également mardi, la Fédération romande immobilière et la Chambre valaisanne du commerce et de l'industrie soulignent, comme le SAB, que les cantons ont légiféré contre les «lits froids» via leurs plans directeurs ou sont en train de le faire. Selon elles, l'aménagement du territoire doit s'adapter à la situation des cantons et communes. (ats)

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