Chine: Campagne pour briser les tabous sexuels
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ChineCampagne pour briser les tabous sexuels

La Chine a lancé dimanche une campagne d'éducation destinée à briser les traditionnels tabous en matière sexuelle.

Le projet vise notamment à convaincre les Chinois de ne plus refuser les traitements pour lutter contre les maladies transmissibles et la stérilité.

A peine plus de sept pour cent des femmes et un peu plus de huit pour cent des hommes ont recours à une aide médicale pour leurs problèmes sexuels. Et plus d'un tiers des personnes ne font jamais appel à un quelconque conseil en la matière, a expliqué un des responsables de cette campagne.

«Ces chiffres sont choquants», a commenté Xia Enlan, chef du département d'obstétrique et de gynécologie de l'université des sciences à l'hôpital Fuxing de Pékin.

«Le nombre de personnes qui ont recours à une assistance médicale pour des problèmes sexuels est extrêmement faible», a-t-elle ajouté. «Cela provoque des retards dans le traitement de certaines maladies très graves.»

La campagne d'information prévoit des affiches, des rassemblements et des partenariats lors d'une exposition internationale dans la capitale chinoise. L'idée est de briser les réticences «douloureuses» concernant le sexe.

«La bonne santé sexuelle est un aspect important de la vie familiale et elle est utile pour aider à l'établissement d'une société harmonieuse», a dit une responsable du Centre de promotion de la femme et de l'enfant, l'une des associations qui participent à la manifestation.

Les cas de syphilis ont augmenté de 20% l'an passé en Chine, avec un nombre total de 257.000 malades recensés, selon les chiffres du ministère de la Santé. A la fin de 2007, le nombre de personnes contaminées par le virus VIH s'établissait à 700.000, mais de nombreux cas restent encore non déclarés.

Timidité traditionnelle

Le gouvernement chinois a muliplié les campagnes d'information en faveur de l'usage du préservatif, mais la sexualité reste un sujet difficile à aborder pour un très grand nombre de personnes, a reconnu Xia.

La raison principale étant, selon elle, une timidité traditionnelle. "Cela est tabou. (...) «Les gens doivent faire un effort pour aborder ce sujet, maintenant que l'économie se développe et que nous nous ouvrons au monde extérieur.»

«Malgré tout, la pensée traditionnelle reste vivace», a-t-elle déploré. «Nous devons aborder ce sujet publiquement. Et c'est la raison pour laquelle nous avons besoin de cette campagne.» (ats)

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