Paris-Roubaix: Cancellara à terre pour ses adieux
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Paris-RoubaixCancellara à terre pour ses adieux

Le Bernois a abandonné tout espoir de victoire à près de 50 km de Roubaix. A 38 ans, Mathew Hayman a quant à lui créé la sensation, juste devant Tom Boonen.

Mathew Hayman était dans l'échappée matinale.

Mathew Hayman était dans l'échappée matinale.

photo: Keystone/AP/Virginia Mayo

Fabian Cancellara voulait terminer en beauté à Paris-Roubaix: c'est raté. Victime d'une chute, le Bernois n'a pas pu jouer la gagne lors d'une course remportée par l'Australien Mathew Hayman.

C'est une plaque de boue qui a ruiné les espoirs de «Spartacus», et mis fin abruptement à sa carrière dans les grandes classiques du printemps. Le coureur de l'équipe Trek, qui prendra sa retraite en fin de saison, est tombé à 46 km de l'arrivée dans le secteur pavé de Mons-en-Pévèle, l'un des plus redoutables de l'Enfer du Nord.

«Ce n'est pas ce que j'attendais pour mon dernier Roubaix. Les chutes font toutefois partie des risques de notre sport, et d'autant plus sur une course aussi particulière que celle-là. Je dois l'accepter», a reconnu, philosophe, le triple vainqueur de l'épreuve (2006, 2010, 2013).

«Je me sentais bien en jambes, mais cette chute a tout changé. Quand je suis reparti, j'ai vite senti que je ne pourrais plus revenir sur l'avant de la course. Je me suis alors contenté de profiter de mon dernier Paris-Roubaix», a raconté celui qui a franchi la ligne sous les acclamations du public, au 40e rang à 7'35 du vainqueur. Et comme ce n'était décidément pas son jour, le Bernois a encore chuté dans le vélodrome de Roubaix, alors qu'il essayait de saisir un drapeau suisse pour faire un tour d'honneur...

Au moment d'attaquer ce secteur fatal de Mons-en-Pévèle, «Spartacus» était en chasse après avoir été piégé par une cassure à 110 km de l'arrivée. Une cassure provoquée par une... chute et une accélération subite de l'Allemand Tony Martin, et qui avait aussi surpris le Slovaque Peter Sagan. L'autre grand favori de la course, privé d'un allié de la trempe de Cancellara, n'a d'ailleurs jamais pu revenir sur les hommes de tête, se contentant de la 11e place.

La surprise Hayman

Il faut dire qu'il y avait du «lourd» à l'avant avec quatre sérieux outsiders, les Belges Tom Boonen et Sep Vanmarcke, le Norvégien Edvald Boasson Hagen et le Britannique Ian Stannard. Ce quatuor s'est disputé la victoire dans les derniers kilomètres en compagnie d'un coureur qui n'était pas attendu à ce niveau, l'Australien Mathew Hayman. Et pourtant, à la surprise générale, c'est bien ce «nobody» de bientôt 38 ans qui a raflé la mise au sprint dans le vélodrome de Roubaix, où il a devancé Boonen sur le fil.

Sans autre victoire que Paris-Bourges en 2011, mais avec quelques accessits à Roubaix (10e en 2011, 8e en 2012), sa course préférée, Hayman a mis plusieurs secondes à réaliser qu'il s'était adjugé la reine des classiques. «Je suis le premier surpris», a reconnu le vétéran de l'équipe Orica-GreenEdge. «Et pour être honnête, je me serais largement contenté de la 2e place. J'aurais aimé que Boonen gagne une cinquième fois (réd: ce qui aurait constitué un nouveau record). C'est le roi de Roubaix et je suis presque gêné d'avoir gagné», a-t-il dit.

La sensation est d'autant plus grande que Hayman a failli renoncer à l'Enfer du Nord en raison d'une chute au Het Nieuwsblad, fin février, qui lui a causé une fracture du radius. «Les médecins ne croyaient pas que je pourrais être prêt. Je ne suis revenu à la route que dix jours avant Paris-Roubaix», a-t-il expliqué.

Et maintenant, le maillot rose

Beaucoup moins attendu que Cancellara, les trois autres Suisses en lice n'ont jamais figuré aux avant-postes, se contentant d'un rôle d'équipier. Stefan Küng s'est classé 41e à plus de 11 minutes, tandis que Reto Hollenstein (56e) et Gregory Rast (102e) ont terminé encore plus loin.

Les couleurs helvétiques ont néanmoins été bien défendues par la formation IAM Cycling, très en vue durant toute la journée. L'équipe sise à Nyon a placé trois coureurs dans le top 15, l'Australien Heinrich Haussler (6e), le Letton Aleksejs Saramotins (8e) et le Belge Oliver Naesen (13e), de quoi redorer son blason après un début de saison mitigé.

Cette 114e édition de l'Enfer du Nord a mis fin à la campagne des classiques flandriennes, où Cancellara espérait tant glaner une dernière victoire au Tour des Flandres (2e derrière Sagan) ou à Paris-Roubaix. Il lui reste toutefois quelques beaux défis à relever d'ici la fin de sa carrière. Le Bernois sera en lice au Tour d'Italie (6-29 mai), où il tentera de revêtir son premier maillot rose, puis au Tour de Suisse (11-19 juin). Et même s'il ne l'a pas encore confirmé, il devrait aussi s'attaquer au Tour de France (2-24 juillet), qui fera escale chez lui cette année, à Berne. Pour les JO de Rio, l'incertitude demeure: après avoir renoncé dans un premier temps, il a dit en début d'année qu'il pourrait malgré tout se rendre au Brésil. (ats)

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