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Milan-SanremoCancellara lance sa saison

Le Bernois s'est fait discret en 2014. Mais «Spartacus» sait mieux que quiconque arriver fin prêt pour ses objectifs.

par
Robin Carrel
Milan

Cela tombe bien, Milan-Sanremo est une des courses préférées de Fabian Cancellara et la saison des classiques printanières son terrain de jeu favori. Le coureur de l'équipe Trek a, de plus, la bonne habitude de briller sur les routes lombardo-liguriennes. En sept participations, le Suisse a terminé trois fois sur le podium. Il reste même sur deux «top 3» consécutifs (2e en 2011 et 3e l'année dernière), lui qui s'est imposé en démarrant sous la flamme rouge il y a six ans.

«Je me sens bien, a-t-il affirmé au terme de Tirreno-Adriatico, où il est allé se préparer la semaine dernière. Je suis prêt à relever le challenge. C'est terminé de juste suivre le peloton, comme je le fais depuis le début de la saison. Dès dimanche, il y a cinq courses qui vont compter pour moi. Il y a une liste d'épreuves où je dois être performant. Je devrai être fort sur une seule journée à chaque fois.»

Pas franchement favorable

A 33 ans, Cancellara est arrivé à un point de sa carrière où il peut faire à peu près ce qu'il veut - tenter de battre le record de l'heure notamment, mais c'est une histoire un peu compliquée. Il a une telle expérience des grands rendez-vous qu'il est capable de se sortir de toutes les situations. Même si, comme cette année en Italie, le tracé ne lui est pas franchement favorable (voir encadré). Mieux encore: la superstar helvétique est heureuse de faire ce métier.

«Arriver au sommet du Poggio, c'est un sentiment incomparable. Il faut le vivre une fois pour comprendre, a-t-il expliqué. C'est comme quand je me trouve au départ du Tour des Flandres ou de Paris-Roubaix... Je suis nerveux, mais d'une façon positive. Si on pouvait ne courir que des classiques toute la saison, je serais très content.»

Longue comme le bras

Sa régularité parmi les meilleurs de Milan-Sanremo font de lui un favori naturel. Mais la liste des coureurs capables de s'imposer dimanche sur le Lungomare Italo Calvino est longue comme le bras et les profils des gagnants potentiels sont extrêmement variés. Les sprinters capables de passer le Poggio avec les meilleurs (Cavendish, Degenkolb, Petacchi, Boasson Hagen, Bennati, Coquard, Greipel et compagnie) peuvent l'emporter, les grimpeurs ou les punchers ont les moyens de s'illustrer dans les ultimes bosses (Betancur, Sagan, Gilbert, Gerrans, Nibali, Kwiatkowski, Felline...) et les audacieux, qui auront profité des éléments pour se faire la belle tôt dans la journée, sont capables de profiter des conditions.

«Je sais qu'il sera difficile de se débarrasser des sprinters, a concédé Cancellara. Comme il y a deux ans, mon seul recours sera de former des alliances, avec des gars comme Gilbert, Betancur ou Nibali.» Le Bernois n'a pas mentionné les noms de Sagan et Gerrans. Deux hommes qu'il n'apprécie que moyennement et dont il se ferait un malin plaisir de régler le compte dans le final.

Retour en arrière

Le parcours 2014 devait devenir plus difficile que d'habitude. Il n'en sera rien. RCS (l'organisateur transalpin) avait souhaité ajouter la montée de la Pompeiana, entre la Cipressa (5,6 km à 4%, pente maximum de 9%) et le Poggio (3,7 km à 3,7%, pente maximum de 8%), qui font habituellement le sel du final de Milan-Sanremo. Il n'en sera rien, car la route de cette nouvelle difficulté a été endommagée cet hiver. Le Manie, situé lui à une centaine de kilomètres du but, a également été abandonné, faute d'obtention des autorisations nécessaires pour le franchir à nouveau. Les sprinters ont donc le sourire: le tracé de dimanche est le même qu'en 2007 et leur fait la part belle. Il faudra tout de même pouvoir suivre le peloton pendant 294 kilomètres...

La «Primavera» en hiver

Samedi matin, un journaliste de la «Gazzetta dello Sport» imaginait dans un élan poétique que la «Primavera» s'élançait le matin, en hiver, de Milan, pour arriver en fin d'après-midi, au printemps, à Sanremo. Ce ne sera pas vraiment le cas dimanche, puisque des trombes d'eau sont attendues sur tout le parcours. Alors que la douceur n'a quasiment jamais quitté l'Europe depuis de nombreuses semaines, les coureurs devront affronter le Turchino (après 143 km de course), où il est prévu seulement 5 degrés au sommet. A eux de faire exploser la course pour se réchauffer.

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