Candice : «Je ne savais pas qu'on allait autant souffrir»
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Candice : «Je ne savais pas qu'on allait autant souffrir»

LAUSANNE – Ex-danseuse dans les clubs de la région et domiciliée en Suisse, Candice, de «Pékin Express», nous raconte son expérience.

– Comment s'est passée l'aventure «Pékin Express»?

Si je devais tout raconter, on en aurait pour des heures! C'était avant tout une grande aventure humaine. On en a pris plein la vue de par les paysages et plein le cœur parce que nous avons été étonnés que les gens nous donnent autant. C'était quelque chose d'extraordinaire.

– Vous étiez-vous préparée avant de partir?

Pas du tout. On est arrivé un peu la fleur au fusil. J'avais vu une seule fois l'émission l'année dernière, je savais de quoi il s'agissait. Je suis arrivée toute pimpante, me disant: «Voilà, on va faire une aventure un peu à l'Indiana Jones!» Je ne savais pas qu'on allait autant souffrir.

- Pourquoi avoir choisi de participer à l'émission?

Rosalyne (ma partenaire dans l'aventure) avait envoyé un dossier et m'a demandé si ça m'intéressait de l'accompagner. J'avais une énorme soif de voyager, étant donné que je n'étais jamais sortie de ma petite Europe. Pour le coup ça a été super-dépaysant. On a envoyé un dossier avec nos photos et on a passé deux castings. Le recrutement était quand même assez long.

- Avec Rosalyne tout s'est bien passé?

On se connaît depuis l'âge de 11 ans. On a fait toutes nos bêtises ensemble. Partir en vacances ensemble était la seule chose qui nous restait à faire. On avait envie de se créer des souvenirs. Je n'ai rien appris sur elle, ça n'a pas renforcé ni diminué notre amitié, par contre on a beaucoup appris sur nous-mêmes! Au bout d'un moment, quand on dépasse ses limites, on ne se reconnaît plus, du coup on se pose la question: Mais qui suis-je? C'est un état à la limite de l'extrême. J'ai beaucoup appris sur moi-même.

- Comment s'est passé le retour à la vie normale?

Ç'a été un gros chamboulement, à la limite de la dépression. On affronte la vie vraiment différemment, de par ce que l'on a vécu et vu et après avoir été confronté à la générosité des gens.

- Comment ça se passe avec les équipes de journalistes qui vous suivent toute la journée?

Quand on faisait du stop par exemple, on ne faisait pas du stop pour deux, mais pour trois. On devait obligatoirement monter avec le cadreur sinon il n'y avait pas d'images et forcément pas d'émission! Le cadreur était constamment avec nous. On avait l'interdiction de lui parler et lui ne nous parlait pas. On ne rejouait pas les scènes, il prenait vraiment l'action sur le vif. Ce sont tous des cadreurs qui ont déjà fait du terrain. Parfois il y avait des voitures dans lesquelles on ne pouvait pas monter, parce qu'il n'y avait pas de place pour le cadreur. Ou alors on nous voit super serrés les uns contre les autres parce qu'il y avait le cadreur qui prenait beaucoup de place avec sa grosse caméra.

- Guillaume et Nathalie se détestent-ils vraiment? Comment ça se fait qu'ils forment une équipe alors qu'ils ne se connaissaient pas?

C'est vrai qu'ils ne se connaissaient pas du tout. Maintenant, peut-être que le casting a été fait en sorte que ça colle ou justement que ça ne colle pas, je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'au début ils s'entendaient bien. Après, comme ce sont deux caractères forts, ç'a claché. Ç'a même bien pété! Mais ce sont des battants, ils se sont quand-même bien serré les coudes.

- Quelle est votre réaction quand vous revoyez les images?

Quand je vois les images, je me marre! En fait, on n'a pas conscience de ce que chacun a vécu. Souvent on a fait des trajets ensemble et puis c'est chacun pour soi, chacun partait de son côté. Rosalyne et moi regardons l'émission ensemble. Chaque fois qu'on se voit, on se fend la poire. On voit vraiment nos traits de caractère. Rosalyne, elle qui a le sang chaud et qui est très impulsive, se regarde et elle se dit: «Oh la la! Je suis comme ça?» et elle est morte de rire.

- Pouvez-commenter l'épisode que M6 a diffusé hier soir?

On est arrivé dans une région militaire très sensible, dans lesquelles on avait les autorisations pour filmer. Rosalyne et moi avons fait un peu le bazar… On a fait la danse du feu! Je pense que l'on a un peu trop attiré l'attention des autorités. Apparemment ça faisait un moment qu'on était surveillés. Je pense que ça ne leur a pas plu. Ç'a été un désastre. Les cameramen ont dû filmer en cachette. C'était très intense, on a quand même eu très peur. Cet épisode va être pas mal. En plus on a mangé du chien sans le savoir… eh bien oui finalement c'est bon!

- Le magazine Entrevue a révélé le nom des gagnantes étapes par étape, un commentaire?

Je n'ai aucun commentaire à faire là dessus. Déjà je n'approuve pas forcément - que se soit de vraies révélations ou nons d'ailleurs. Puis, peu importe, pour moi l'important est de voir les images et ce que l'on a vécu.

- A la fin de chaque étape, vous vous retrouviez tous ensemble, comment ça se passait?

On était tous réunis. On dormait en couple dans des grands parcs de la région, dans des tentes fournies par la production. Pour la nourriture, c'était à nous de nous débrouiller. Alors on se partageait toute la nourriture. On se partageait des bananes, des bouts de pommes. Des fois c'était la dèche, on devait partager une pomme en quatre! On était tous très solidaires entre nous.

- A part ça, que faisait Stéphane Rotenberg de ses journées!?

Je pense qu'il était dans un car chauffé et mangeait à sa faim. Il mangeait de la nourriture locale, et d'ailleurs il a été malade. Beaucoup de personnes de la prod' ont été malades. Ce n'était pas rigolo pour eux non plus. Nous, lorsque l'on trouvait un endroit pour dormir, ils nous filmaient jusqu'à ce qu'on se couche. Ils se tapaient facilement dix-sept heures de travail par jour. Une fois qu'on était couchés, on restait seuls avec les familles, et l'équipe de production dormait dans l'hôtel le plus proche. Dans certaines régions, les hôtels étaient de vrais taudis, souvent on était même mieux lotis qu'eux.

- Vos nuits chez l'habitant se sont-elles toujours bien passées?

Toujours, oui! Ils comprenaient quand on voulait aller se coucher, même s'ils essayaient de nous garder. Forcément, c'était la première fois qu'ils voyaient des étrangers. On essayait quand même de discuter et de partager des choses. La barrière de la langue est très difficile à surmonter. Le plus frustrant c'était le matin, quand on reprenait la course à 6 h. On n'avait pas le temps de leur dire au revoir et de les remercier comme il se doit.

Winnie Covo

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