Actualisé 12.04.2017 à 08:45

LausanneCandidat au Grand conseil critiqué par des camarades

Un restaurateur qui ne respecterait pas les conditions de travail de ses employés figure sur une liste d'extrême gauche.

von
Frédéric Nejad Toulami
Rony Miah figure en tant que POP sur la liste Ensemble à gauche.

Rony Miah figure en tant que POP sur la liste Ensemble à gauche.

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«Ce n'est pas normal mais la politique ne me surprend plus.» Aristides Pedraza fait partie de ceux qui ne comprennent pas la présence du restaurateur Rony Miah sur la liste Ensemble à gauche, en lice à Romanel-sur-Lausanne pour l'élection au Grand Conseil. Secrétaire syndical à SUD et ancien conseiller personnel de Josef Zisyadis, quand ce politicien POP siégeait au gouvernement vaudois, Aristides Pedraza était récemment au Tribunal des Prud'hommes pour défendre le cas d'une serveuse, employée dans un des établissements lausannois de Roni Miah.

Contrat précaire

Malade, elle n'était pas payée alors que la Convention collective de travail (CCT) en vigueur le stipule. Elle a finalement obtenu 10'000 francs d'allocations pour perte de gain de l'assurance de son employeur. Lequel minimise l'affaire, tout comme il conteste être en litige avec un de ses cuisiniers. Celui-ci, au bénéfice d'un contrat sur appel, se plaint de ne pas avoir suffisamment d'heures de travail. «Ça l'arrange car il est ainsi mieux payé que si je lui faisais un contrat fixe. Et je n'ai pas assez de travail pour lui», déclare Rony Miah. La gauche et les syndicats luttent pourtant contre ce type de contrats, jugés précaires depuis des années.

Mais sur la même liste d'Ensemble à gauche à Romanel-sur-Lausanne que Rony Miah figure un membre de SolidaritéS, l'autre parti d'extrême gauche associé au POP, qui s'affiche comme «étudiant et juge assesseur au Tribunal des Prud'hommes».

Contacté à ce sujet, le secrétaire cantonal du POP, Christophe Grand, semble mal à l'aise: «Je ne le connais pas personnellement et je ne veux pas commenter tant que je ne me suis pas renseigné. C'est la section locale qui a fait appel à lui.»

Employés au noir?

Le café et le restaurant gérés par Rony Miah sont situés dans la Maison du peuple, à Lausanne, bastion de la gauche, qui lui loue les murs. Et le malaise y est palpable. De plus, deux anciens étudiants qui travaillaient il y a une dizaine d'années dans un précédent établissement de Rony se souviennent avoir été payés au noir après avoir bossé tout l'été pour lui. «Ça date, je ne m'en souviens pas, mais ça m'étonnerait, explique le restaurateur. Peut-être n'ai-je pas tout déclaré car ce n'étaient que des jobs d'été...»

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