Genève: Canicule et agriculture: «Pas la catastrophe, mais…»

Publié

GenèveCanicule et agriculture: «Pas la catastrophe, mais…»

Malgré la sécheresse, le bilan général des récoltes reste satisfaisant, pour l’instant.

par
David Ramseyer
Pas encore récoltées, les cultures de maïs souffrent actuellement.

Pas encore récoltées, les cultures de maïs souffrent actuellement.

Freepik

Entre chaleurs étouffantes et manque de pluie depuis des semaines, le monde agricole n’est pas à la fête ces temps-ci. La situation n’est pourtant «pas catastrophique», juge AgriGenève, qui dresse un bilan nuancé de l’état des cultures au bout du lac.

Moissons rentrées avant la canicule

Les trois quarts des céréales ont déjà été récoltées (blé, orge ou colza), avec certes une qualité et des rendements inégaux, mais «satisfaisants globalement», estime Nicolas Courtois, conseiller agricole à la faîtière. Par contre, pour le quart restant (soja, maïs ou tournesol), «les conditions s’annoncent très défavorables».

Enfin, vignes et arbres fruitiers profitent pour l’heure de la chaleur, qui a aussi un avantage: elle réduit les maladies. Pour les foins, c’est plus critique. Avec une herbe ou des maïs desséchés, la deuxième coupe en août promet de très maigres quantités. «On va donc devoir acheter du fourrage pour nourrir nos bêtes, déplore un éleveur de Collex-Bossy (GE). Les frais seront conséquents.»

Inégalités géographiques

Il faut aussi distinguer les surfaces arables entre elles, avec des typologies qui se retrouvent à parts égales dans le canton. Là où les terres sont «légères» – avec beaucoup de cailloux, comme en Champagne –, les rendements sont «décevants». Du côté de Jussy notamment, ils sont au contraire «plutôt bons» sur des terres «lourdes», dont l’argile conserve l’eau.

Le bilan final dépendra beaucoup du ciel. «Cela pourrait même être une bonne année pour l’agriculture genevoise s’il pleut dans une semaine, par exemple, conclut Nicolas Courtois. Mais on n’a pas plus de marge.»

Le bétail vaudois tire la langue

La faîtière vaudoise Prométerre fait le même constat que son homologue du bout du lac. «Selon la qualité des terres, le rendement peut passer du simple au double et certaines cultures en croissance actuellement, comme la pomme de terre et la betterave, souffrent énormément», note Stéphane Teuscher, membre de la direction. Pour le bétail en estivage sur le Jura, l’herbe reste en quantité suffisante, contrairement en plaine. Néanmoins, «il manque d’eau, là-haut», lâche le dirigeant. De manière générale, Prométerre estime aujourd’hui que «la situation devient inquiétante».

La grêle et les petits exploitants

En plus de la chaleur, des agriculteurs de la rive gauche genevoise ont aussi été frappés par la grêle, début juillet. Dans la foulée, le Mouvement pour une agriculture paysanne et citoyenne a critiqué les autorités: elles n’en feraient pas assez pour aider les exploitants victimes de circonstances climatiques extraordinaires, particulièrement ceux qui n’ont «pas les moyens de s’assurer ou du moins pas totalement». L’association demande au Canton la création d’un fonds d’entraide spécifique aux intempéries, a rapporté «Le Temps». AgriGenève tempère. L’agriculture a toujours dû composer avec les aléas météorologiques, note la faîtière, qui s’oppose à des aides étatiques pour ceux mal ou pas assurés: cela constituerait «une inégalité de traitement envers ceux qui assument ce coût financier».

Ton opinion

34 commentaires