Genève: Canicule sur les chantiers: «Constat inquiétant»

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GenèveCanicule sur les chantiers: «Constat inquiétant»

Trois syndicats dénoncent des manquements «graves» aux mesures à prendre sur les chantiers lors des grandes chaleurs.  

Les ouvriers du chantier de Pictet-de-Rochemont ont obtenu début août de ne plus travailler l’après-midi.

Les ouvriers du chantier de Pictet-de-Rochemont ont obtenu début août de ne plus travailler l’après-midi.

mpo/20 min

Des ouvriers qui travaillent sous une température de 35° sur du béton brûlant. José Sebastiao, secrétaire syndical d’Unia, a décrit jeudi les conditions de travail «inhumaines» subies par certains lors de cet été caniculaire. «Nous avons reçu plein de témoignages de malaises et de syncopes», a appuyé Thierry Horner, secrétaire syndical du SIT. Les deux syndicalistes, aux côtés de leur confrère Carlos Massas du syndicat Syna, ont fait le bilan des centaines de visites menées sur des chantiers genevois entre le 13 juillet et le 12 août. «Le constat est plus qu’inquiétant», en ont-ils conclu.


Pas d’informations aux travailleurs sur les risques liés à la canicule et les mesures à prendre, absence de pauses, de distribution d’eau fraîche ou de crème solaire, ou encore non respect de l’organisation du travail, avec les tâches les plus pénibles à effectuer le matin: les trois syndicats ont relevé sur de nombreux chantiers des «manquements graves». Ils ont ainsi effectué cinquante dénonciations auprès de l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (OCIRT) et de l’Inspection paritaire des entreprises (IPE), les organes de contrôle. 

«On ne peut pas contrôler 3000 chantiers»


«On est toujours dans la politique du "pas vu, pas pris", a dénoncé Thierry Horner. On ne peut pas contrôler 3000 chantiers. Nous attendons des sanctions exemplaires, et que des entreprises puissent être exclues des marchés publics.»


Les syndicats appellent par ailleurs à la création d’un fonds intempéries-canicules, discuté depuis le début de l’année avec le patronat et l’Etat. Un tel fonds existe déjà dans le canton de Vaud depuis quelques années, ont-ils rappelé. Celui-ci permet aux entreprises d’interrompre le travail sur des chantiers très exposés sans devoir passer à la caisse.  «On ne va pas laisser traîner, on exige qu’il soit mis en place avant la fin de l’année», a clamé José Sebastiao. Il en coûterait entre 15 et 20 millions par an, a estimé Thierry Horner: «Une goutte d’eau, au moment où l’Etat met des milliards pour la rénovation des bâtiments.»

Début août, après une intervention d’Unia, l’IPE avait décidé de faire stopper l’après-midi les travaux menés sur l’avenue Pictet-de-Rochemont, «où les ouvriers ont ratissé de l’asphalte sortant du camion à 170 degrés», avait décrit le syndicat.


(leo)

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