Cannabis, tabac: les Suisses disent non sur internet
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Cannabis, tabac: les Suisses disent non sur internet

Un sondage auprès de 20.000 personnes donne une bonne tendance sur les sujets d'actualité. Le cannabis et la fumée en prennent notamment pour leur grade.

Selon ce 3e sondage de Perspective Suisse, qui comporte une marge d'erreur de plus ou moins 4%, l'initiative populaire demandant la légalisation de la consommation de cannabis ne convainc que 36% des sondés, contre 52% qui la rejettent. Seul l'électorat de gauche y est favorable. L'opposition augmente avec l'âge des personnes interrogées.

Le tabac n'a pas meilleure presse. Le sondage confirme la tendance d'une restriction des espaces fumeurs que décident toujours plus de cantons et bientôt la Confédération. Seuls 7% estiment que la fumée ne doit être interdite nulle part, selon les résultats du sondage présentés mercredi aux médias à Berne.

Au contraire, plus de trois sondés sur quatre veulent la bannir de tout espace fermé, restaurants, gares, lieux de travail ou de formation. Seuls les pubs et bars échappent au haro populaire, au Tessin excepté. Trente-sept pourcent seulement des personnes interrogées jugent que l'interdiction de fumer doit s'étendre à ce genre d'établissements.

Fumer deviendrait d'ailleurs un luxe, si l'on suit une majorité des Helvètes ayant participé au sondage en ligne. Cinquante-trois pourcent d'entre eux proposent que le prix du paquet de cigarettes soit égal ou supérieur à huit francs, soit une augmentation d'au moins deux francs. A l'inverse, 35%, soit un peu plus que le taux de fumeurs, militent pour le paquet à une tune ou moins.

Trop d'impôts

S'exprimant sur la fiscalité, 46% pensent qu'ils payent trop d'impôts par rapport aux prestations qu'ils reçoivent de l'Etat, alors que 37% sont satisfaits de la situation actuelle et 17% ne se prononcent pas. Les personnes avec un revenu mensuel entre 8000 et 12 000 francs trouvent plutôt justifiée la charge fiscale (44%), celles gagnant moins de 3000 francs par mois n'étant plus que 30% à partager cet avis.

Les électeurs de gauche, les universitaires et ceux des cantons à fiscalité réduite sont plus satisfaits que les bourgeois, surtout de l'UDC. A 61%, les Jurassiens et les Neuchâtelois sont les plus mécontents du rapport impôts-prestations.

L'avis des Suisses est beaucoup plus tranché s'agissant de la concurrence fiscale entre cantons. Soixante-six pourcent des personnes ayant répondu au sondage veulent uniformiser le taux d'imposition pour les revenus supérieurs à 300 000 francs. Seuls 18% s'y opposent.

Les électeurs de tous les partis soutiennent ce postulat, ceux du PRD avec le moins d'enthousiasme. Le consensus règne aussi dans les cantons, même si là où des allégements fiscaux sont en vigueur (SZ,ZG,OW,NW), les parts de oui sont nettement plus faibles, indique Perspective Suisse.

L'accord est encore plus net pour introduire un frein à l'endettement pour les cantons (75% de oui contre 10% de non). Ceux-ci ne pourraient plus dépenser à long terme davantage qu'ils ne perçoivent.

Crèches et apprentissages

Une majorité très claire apparaît également s'agissant de certaines obligations sociales et de formation à imposer aux entreprises. Ainsi 60% (contre 26%) attendent de celles employant plus de 500 personnes qu'elles offrent des places de crèche. Les femmes (71% contre 17%) sont davantage convaincues que les hommes (48% contre 37%). Politiquement, seuls les électeurs de l'UDC s'y opposent.

Les entreprises doivent en outre offrir une place d'apprentissage pour 20 personnes employés, estiment 72% des sondés (16% contre). Ce postulat trouve une majorité dans tous les partis gouvernementaux et dans aucun canton l'opposition ne dépasse 25%.

En matière de transports, le sondage met en évidence que 90% des Suisses souhaitent que les délits routiers soient sanctionnés de manière uniforme dans toute la Suisse. A 75%, les sondés veulent par ailleurs que la Confédération poursuive avec plus d'intensité le transfert du trafic marchandises de la route au rail.

(ats)

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