Cinéma: Cannes retient son souffle en attendant le verdict
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CinémaCannes retient son souffle en attendant le verdict

Cette édition aura été riche en histoires d'amour, dont une brûlante passion entre deux jeunes femmes, signée Abdellatif Kechiche, qui figurait parmi d'autres grands favoris dont les frères Coen.

«La vie d'Adèle» de Kechiche a provoqué un vrai choc sur la Croisette, tant la description des tourments de l'amour par le réalisateur français est traité de manière universelle, au-delà de toute question d'orientation sexuelle.

De même, les deux actrices du film Adèle Exarchopoulos, véritable révélation du festival, et Léa Seydoux, étoile montante du cinéma français, pourraient selon les professionnels attraper un prix d'interprétation.

Chez les hommes, l'Américain Michael Douglas figure lui aussi parmi les favoris du prix d'interprétation masculine pour son rôle de showman virtuose, 100% gay et roi du bling-bling pour «Ma vie avec Liberace», pourquoi pas là encore avec son «compagnon» Matt Damon.

D'éventuelles récompenses pour ces deux films racontant l'amour et la séparation dans les couples homosexuels interviendraient au jour d'une nouvelle manifestation parisienne sous haute tension organisée dimanche par les anti-mariage gay.

L'Asie en trouble-fêtes

Mais d'autres films de haute facture peuvent aussi séduire le jury composé notamment de l'actrice Nicole Kidman ou des réalisateurs oscarisé Ang Lee et «palmé» Cristian Mungiu, et présidé par Steven Spielberg. Samedi soir sur le tapis rouge, le réalisateur américain s'est dit «très inspiré» par les films qu'il a vus.

Les professionnels français et étrangers ont beaucoup aimé au gré des 20 films en compétition «Inside Llewyn Davis» des frères Coen, palme d'Or en 1991 avec «Barton fink». S'ils obtenaient la Palme d'or, ils rejoindraient le club fermé des 6 réalisateurs l'ayant reçu deux fois. Leur film raconte les tribulations d'un chanteur folk dans le Greenwich village des années 60.

Dans ce match franco-américain, l'Asie pourrait jouer les trouble-fêtes entre le Japonais «Tel père, tel fils», de Hirokazu Kore-Eda, auteur d'un film sensible autour de la paternité ou encore «A touch of sin» du Chinois Jia Zhangke, fresque épique dans une Chine où le développement économique provoque corruption et violence.

En embuscade encore, «La grande bellezza» de l'Italien Paolo Sorrentino, sur les doutes existentiels d'un roi mondain dans une Rome actuelle en pleine décadence morale ou l'Iranien Asghar Farhadi avec «Le Passé», chronique d'une famille recomposée à la croisée des chemins.

Chez les acteurs, on surveillait l'Italien Toni Servillo («La grande bellezza»), l'Américain Oscar Isaac («Inside Llewyn Davis»), ou encore son compatriote Bruce Dern («Nebraska»). A moins que le Français Mathieu Amalric, en lice dans deux films («Jimmy P.») et «La Vénus à la fourrure», ne rafle la mise.

Chez les femmes, d'autres Françaises ont séduit la Croisette : Marion Cotillard («The immigrant») ou encore Bérénice Béjo dans «Le Passé».

Double palme interdite

Dimanche, dans l'attente du palmarès, les derniers pronostics allaient bon train, tricotant et détricotant tous les scénarios possibles. Car le règlement du festival est clair: un film «palmé» ne peut recevoir un autre prix.

Si «La vie d'Adèle» offrait un prix d'interprétation à l'une ou l'autre des actrices voire les deux, le film d'Abdellatif Kechiche ne pourrait obtenir la Palme d'or.

Le jury devait se réunir autour de 9h00 dans une villa sur les hauteurs de Cannes, comme de tradition. Le président du Festival, Gilles Jacob, et le délégué général, Thierry Frémaux, accompagnent les jurés tout au long des délibérations qui peuvent durer toute la journée. (ats)

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