Asile: Cantons cherchent hébergements désespérément
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AsileCantons cherchent hébergements désespérément

L'accueil des réfugiés en Suisse est au bord de l'implosion: les demandes d'asile s'accumulent à la Confédération, et les cantons recherchent désespérément de nouveaux lieux d'hébergements.

Le démantèlement des structures d'accueil n'est pas concluant.

Le nombre de demandes d'asile en cours a explosé en Suisse pour atteindre 11 000 fin novembre. Cela ne s'était plus produit depuis 2002, à la suite de la crise du Kosovo. L'Office fédéral des migrations (ODM) reconnaît que l'étude des dossiers stagne.

«L'augmentation du nombre de requérants depuis cet été nous place devant des défis particuliers», a déclaré Jonas Montani de l'ODM. De plus en plus de personnes affluent en Suisse: les demandes d'asile se chiffreront à 15 000 cette année, soit le niveau le plus élevé depuis 2002.

Les mesures d'économie de Christoph Blocher

Mais le nombre croissant de requérants n'est pas la seule cause de la surcharge des autorités: les mesures d'économie prises par l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher y ont contribué.

M. Blocher avait réduit les capacités d'accueil à 12 000 demandes par année. Il avait également supprimé dès 2008 les contributions aux cantons pour des logements de réserve. Le Conseil fédéral dans son ensemble avait donné son aval.

En contrepartie, il avait promis que la Confédération aménagerait elle-même des hébergements supplémentaires si le nombre de requérants dépassait les 12 000. Mais dès l'été, alors que l'afflux grandissait, la Confédération n'a pu faire face et n'a pas mis à disposition les locaux de l'armée promis initialement.

Les cantons sous pression

La charge retombe sur les cantons, qui ont dû repartir en quête de nouveaux hébergements pour requérants d'asile. En novembre, les cantons ont obtenu 25 millions de francs par année de Berne pour les logement de réserve.

«Cet argent est bienvenu, mais ne résout pas tous nos problèmes», a déclaré Raimond Caduff, coordinateur de l'asile pour le canton de Lucerne. «Le marché du logement est à sec dans le canton, et les centres de requérant ne sont pas les bienvenus dans toutes les communes.»

Dans de nombreux cantons, trouver des places pour les requérants d'asile relève du parcours du combattant. Ils doivent souvent chercher des solutions de secours pour leur offrir un toit.

A Bâle, de nombreuses personnes sont d'abord hébergées dans des abris de protection civile, explique la coordinatrice cantonale pour l'asile, Renata Gäumann. Les conditions sont loin d'être idéales pour l'acclimatation des immigrants: locaux fermés, manque de place, encadrement insuffisant.

Les centres de transit, où les requérant se familiarisent avec la vie en Suisse, sont surchargés. «En principe, nous aimerions nous occuper de ces personnes pendant trois à six mois», explique M. Caduff. «Mais dans les conditions actuelles, nous n'avons même pas deux mois.»

Les nouveaux arrivants se poussent au portillon. Ceux qui sont là depuis un moment sont rapidement répartis dans des appartements, où l'accompagnement est moindre.

Centres d'accueil débordés

Le manque de personnel à l'ODM aggrave encore la situation. «Le travail des employés qui étudient les demandes a augmenté», déclare Jonas Montani, de l'ODM. L'objectif de la Confédération est de prendre deux tiers des décisions de première instance directement dans les centre d'accueil aux frontières suisses.

Actuellement, ce taux est de dix à vingt pourcent, selon des estimations de représentants cantonaux. Conséquence: la durée de séjour des requérants augmente. Les cantons sont davantage sous pression pour trouver à les loger.

La Confédération promet une amélioration de la situation: elle va demander l'été prochain au parlement d'augmenter la dotation de vingt postes et de mettre à disposition 8,9 millions de francs supplémentaires par an. Ce personnel supplémentaire devrait être affecté en priorité au traitement des demandes dans les centres d'accueil, explique M. Montani.

(ats)

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