Caricatures de Mahomet: tentative d'assassinat
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Caricatures de Mahomet: tentative d'assassinat

La police danoise a annoncé mardi l'arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d'avoir préparé l'assassinat de l'un des douze dessinateurs des caricatures du prophète Mahomet.

Ces arrestations ont eu lieu au lever du jour à Aarhus dans l'ouest du pays pour «empêcher un meurtre lié au terrorisme», ont précisé les services de renseignement danois. Parmi les personnes interpellées se trouvent des Danois et des ressortissants étrangers.

Les personnes interpellées dont le nombre est encore inconnu sont soupçonnées d'avoir préparé l'assassinat de Kurt Westergaard, un dessinateur du quotidien danois «Jyllands-Posten» qui, le 30 septembre 2005, avait publié pour la première fois les caricatures de Mahomet à l'origine de la colère du monde musulman. «Il y a des projets très concrets de meurtre visant Kurt Westergaard», a dit Carsten Juste, le rédacteur en chef du quotidien.

Westergaard et son épouse Gitte âgée de 66 ans vivaient sous protection policière en raison de ces projets d'assassinat, selon le «Jyllands-Posten».

Le 26 octobre 2006, un tribunal danois avait débouté la plainte pour diffamation déposée par sept organisations musulmanes du Danemark contre le «Jyllands-Posten». Le tribunal municipal d'Aarhus avait reconnu qu'il ne pouvait être exclu que certains musulmans aient pu être offensés par ces 12 caricatures mais qu'il n'y avait aucune raison de présumer que ces dessins avaient été réalisés avec l'intention «d'être irrespectueux envers les musulmans».

Les organisations musulmanes réclamaient 100.000 couronnes danoises (13.400 euros) de dommages et intérêts à Carsten Juste, le rédacteur en chef du «Jyllands-Posten», ainsi qu'au chef du service Culture Flemming Rose. Les deux hommes avaient donné leur accord pour la publication des caricatures.

Le Parquet général du Danemark avait annoncé dès mars 2006 qu'il n'engagerait pas de poursuites contre le «Jyllands-Posten», en estimant que la publication des 12 caricatures ne constituait pas une infraction à la législation danoise.

Le «Jyllands-Posten» avait présenté ses excuses mais a justifié sa décision de publier les dessins, faisant valoir le droit à la liberté d'expression.

La crise n'avait éclaté que plusieurs mois après la publication des caricatures jugées blasphématoires, provoquant des manifestations violentes dans le monde musulman et un boycott des produits danois. (ap)

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